Pour le compte de la 15ème journée de Fédérale 1, l’ASV Lavaur (12ème, 16 points), lanterne rouge de la poule 3, recevait le Blagnac SC (4ème, 43 points). Sur le terrain de Castelsarrasin le week-end précédent, l’ASV avait laissé entrevoir des améliorations, avec une conquête plus efficace et surtout un pack retrouvé. Seule ombre au tableau, le manque de réalisme qui ne leur avait pas permis de revenir en terre tarnaise avec les points escomptés (défaite 21-15). De son côté, Blagnac, après une belle victoire bonifiée face au voisin de Grenade (28-6), comptait bien poursuivre sa marche en avant face au dernier de la poule. Sur le papier, cette rencontre s’annonçait déséquilibrée, mais comme souvent, les pronostics sont déjoués sur le pré, l’ASV avait donc bon espoir… (Résumé, photos par Fidel Op’Host, et Loulou)
Flexion, liez, souriez comme M. l’arbitre
Le match
Si, du côté vauréen, le staff a encore dû composer avec l’absence du capitaine Nicolas Clergue (suspendu), côté blagnacais, on déplorait également une absence de marque, celle de l’expérimenté Quentin Pointud, suite à trois cartons jaunes. D’entrée de jeu, c’est une équipe conquérante de Blagnac qui bénéficie d’une pénalité, que l’artilleur visiteur ne manque pas de convertir (0-3, 4ème).
Blagnac à la manœuvre, prend les commandes
Lavaur réagit immédiatement en investissant le camp adverse : l’ouvreur et capitaine du jour, Lee Adriaanse, remet les deux équipes à égalité (3-3, 9ème). Il faut ensuite attendre la 20ème minute pour voir le jeu s’animer. En infériorité numérique suite à un carton jaune (19ème), Blagnac ne peut résister aux assauts des avants vauréens, qui emportent Rémy Bonnet en terre promise (10-3, 20ème).
Lavaur franchit la ligne, pour le plus grand plaisir de ses avants
Dès le renvoi, Lavaur retourne dans les 22 mètres adverses et pousse les Caouecs à la faute, avec pour conséquence deux exclusions temporaires complémentaires. Réduit à 12 (25ème), Blagnac plie, mais est loin de rompre, grâce à sa défense vaillante, mais aussi par l’absence de réalisme des Tarnais. Ne pas parvenir à concrétiser sur ses temps forts a déjà causé moults désillusions à l’ASV cette saison. Alors, lorsque Blagnac, toujours en infériorité, réussit à revenir à une longueur avant la pause en passant deux pénalités (10-9), il n’en fallait pas plus pour que le doute s’installe dans les esprits des supporters locaux…
L’ASV se fait marquer à la culotte
La délivrance au bout du suspense
Après de vives remontrances des entraîneurs dans les vestiaires quant à la gestion de cette rencontre, l’ASV revenait en seconde période avec un esprit de révolte, comme pour conjurer le mauvais sort qui semble s’acharner sur eux depuis quelques journées. Et comme souvent en pareilles circonstances lors d’une rencontre d’un mal-classé, l’enjeu tue le jeu, avec une pléiade de coups de pied.
Reprise cadenassée…
Du côté de Lavaur, il faut patienter jusqu’à la 58ème pour voir une belle envolée. Luca Michieletto s’échappe sur son aile avant de servir son demi de mêlée Lenny Arenas, qui est repris tout près de la ligne. S’ensuit une longue séquence de défi physique face à une valeureuse défense blagnacaise, qui ne lâche pas. Encore et toujours ce manque de réalisme pour l’ASV, qui lui coûte si cher sur ses fins de matchs. Entre-temps, les buteurs se répondent, passant tour à tour deux nouvelles pénalités (16-15, 71ème), alors que l’on entrait dans le money time…
Duel de buteurs, tous deux précis dans l’exercice
Après une grossière faute de Luca Michieletto (76ème), le buteur blagnacais, Arthur Ballester, jusque là auteur d’un 100 % de réussite face aux perches, manque la cible. Les cinq dernières minutes sont insupportables pour les supporters locaux, d’autant plus que Blagnac, avec l’apport d’un certain Joe Tekori, pousse fort pour arracher la victoire. Mais la défense tarnaise, héroïque, tient bon.
Lavaur met les barbelés en défense
Un en-avant des Hauts-Garonnais, que les supporters considèrent comme volontaire, ne conduit finalement qu’à une mêlée, sur laquelle les visiteurs sont pénalisés. Lee Adriaanse libère les siens en tapant en touche et un grand ouf de soulagement souffle dans les travées du stade Jo Dalla-Riva : Lavaur s’impose par la plus petite des marges, 16 à 15. Une troisième victoire cette saison pour des Vauréens valeureux, synonyme d’espoirs dans la folle course au maintien.
Au courage, l’ASV s’est accroché à son petit point d’avance
Grâce à ce probant succès face à une grosse écurie de la poule, l’ASV (12ème, 20 points) revient à deux longueurs de Castelnaudary (11ème, 22 points). À la maison, les Tarnais retrouvent des couleurs après trois défaites consécutives à l’extérieur. Mieux s’exporter pour croire au maintien, c’est tout l’enjeu pour les Vauréens en cette deuxième partie de saison. Un déplacement chez un concurrent direct se profile d’ailleurs dans deux semaines, au TOEC TOAC FCT (9ème, 30 points).
Soulagement et espoirs pour les Tarnais après cette victoire
La victoire a échappé de peu à Blagnac (4ème, 43 points), qui repart du Tarn avec un bonus défensif malgré tout capital dans la course à la qualification. Car dans le haut du tableau, où six équipes se tiennent en moins de dix longueurs, chaque point sera déterminant. Tout comme les affrontements entre prétendants, ce qui attend les Hauts-Garonnais après un week-end de repos, avec la réception du SC Mazamet (6ème, 42 points).
Blagnac s’est bien défendu, mais n’a pu éviter cette courte défaite
Réactions
Gaétan Bertand et Gianni Gaillard, entraineurs de l’ASV : On est satisfait du résultat, même si tout n’est pas encore parfait dans le jeu, c’est de bon augure pour le prochain bloc. L’équipe a démontré qu’elle avait du cœur et une envie de vaincre hors du commun. Il faut tout particulièrement féliciter les joueurs qui, en dépit de blessures, sont restés sur le terrain pour nous aider. Le mérite de cette victoire revient au groupe seniors tout entier. Il nous reste huit matches à disputer, qui seront pour nous comme des matches de coupe. La semaine de repos ne sera pas de trop pour remettre tous nos blessés du jour d’aplomb. »
Gianni Gaillard au microGaétan Bertand soulagé par ce succès