Fédérale 1 – Avec Richard Hill, Périgueux veut garder le CAP

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La Dordogne est bien connue pour attirer en nombre les sujets de Sa Majesté. En effet, quelque 7500 ressortissants britanniques résident dans ce départment où il fait bon vivre. 7500… plus un. Depuis le 1er août, Richard Hill, l’ancien entraîneur du Rouen Normandie Rugby, a pris ses fonctions auprès des ciel et blanc du Club Athlétique Périgueux. Avec des objectifs et des projets plein la tête… (Par Marco Matabiau).

Quand on rencontre Richard Hill, la première chose qui nous frappe, c’est sa simplicité. A bien y regarder, ce trait de caractère est celui de ceux qui ont « fait », qui ont « réussi » dans leur domaine et qui sont prêts à partager leur expérience, histoire d’en faire profiter les personnes qui les entourent. Et question expérience, l’ancien demi de mêlée du XV de la Rose (29 sélections entre 1984 et 1991) n’est pas en reste: Gloucester et les Harlequins en tant qu’adjoint, puis il prend les rênes des Gallois de Newport. Retour en Angleterre à Bristol (4 saisons) et Worcester (6), non sans une première escapade en France et un interlude d’une saison chez les Tango de Chalon-sur-Saône. En 2013, il traverse à nouveau la Manche et s’installe à Rouen. Le club de rugby local, tout juste promu de F3, va évoluer en Fédérale 2: « J’y ai passé huit saisons. J’avais deux objectifs principaux. Premièrement, mettre  Rouen et la Normandie sur la carte du rugby français, car ce n’était pas à proprement parler un territoire de rugby. Je pense qu’on a réussi à faire cela, ainsi qu’à fédérer les clubs normands autour de Rouen. J’ai rendu visite aux 52 clubs que compte la région, de manière à voir quels étaient leurs besoins. De plus, si on veut récupérer un jeune joueur formé dans un de ces clubs, il faut bien évidemment donner quelque chose en retour. Par exemple, j’ai organisé des tournois pour des scolaires, j’ai créé des DVD pédagogiques, j’ai trouvé des prépas physiques pour certains, quelques-uns de mes joueurs sont allés aider pour des séances d’entraînement. Aujourd’hui, les jeunes du Rouen Normandie Rugby jouent au meilleur niveau national, chose qui était impossible il y a huit ans ».

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Dès son arrivée en Dordogne, Richard Hill s’est mis au travail côté cour… (Photo Marco Matabiau)

Richard Hill s’improvise aussi VRP du club lorsqu’il présente le projet de grand club normand, tantôt face aux députés de l’Assemblée Nationale en compagnie de Bernard Laporte, tantôt devant les caméras d’Eurosport sur le plateau de Jean-Baptiste Lafond (dont le fils Baptiste porte d’ailleurs les couleurs rouennaises). Pour ce qui est du second objectif, « on voulait atteindre la Pro D2 et s’y maintenir. Ce que nous avons également fait. A présent, le club doit se structurer encore davantage pour se stabiliser à ce niveau avant de franchir une nouvelle étape ». Même s’il lui reste deux ans de contrat, le coach rouennais se pose alors la question: peut-il rester cinq ou six saisons supplémentaires pour mener ce projet à bien? Après réflexion, « j’ai parlé avec le président tout de suite après notre dernier match contre Biarritz (le 14 mai) et je lui ai dit que je voulais partir. Même si c’était un peu tard pour le club, d’autant plus que tout mon staff est parti, il a bien compris et nous avons trouvé un accord mutuel pour que je puisse quitter le RNR. Pour une fois que c’est moi qui choisis quand je peux quitter mon club. » Le but est de prendre du repos et de revoir sa famille restée à Bath, chose des plus compliquées en ces temps de Covid (pour tout retour, une mise à l’isolement de 10 jours était alors nécessaire). Même si dans sa tête, le rugby n’est jamais bien loin: « Je voulais trouver un club dans la même situation que Rouen à l’époque, qui voulait monter. C’est quelque chose que j’aime faire ».

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…et côté jardin (Photo CAP Officiel).

S’en suivent alors des contacts avancés avec le Rugby Club du Bassin d’Arcachon. Richard Hill se rend deux jours en Gironde, mais le RCBA souhaite qu’il débute dès le 1er juillet. Impossible, du fait de son arrivée à Bath le 1er juin et des dix jours de confinement obligatoire. Trop peu de temps pour se ressourcer en famille. Coach Hill propose de commencer le 1er août, mais cela ne convient pas au club du bassin, qui s’adjuge finalement les services du Néo-Zélandais Simon Mannix. Dans la foulée, c’est Périgueux qui contacte Richard par l’intermédiaire de Frédéric Jaskolski, le manager administratif du club. Il lui explique le projet sportif. S’en suivent des discussions avec le président Francis Roux: « C’était exactement ce que je recherchais. Je connaissais le club: quand j’étais entraîneur des Harlequins en 2001, nous avions joué contre Périgueux en Challenge Européen (le CAP évoluait alors en Top 16). Je suis ici depuis 10 jours (entretien réalisé le 10 août dernier). Je vois bien que tout le monde est motivé, le staff, la ville. Je suis très satisfait de mon choix ».

A ses côtés, Richard Hill pourra compter sur Louis Dubois (trois-quarts, déjà en place l’an passé) et Juan Carlos Bado (avants, ex-deuxième ligne international urugayen). La préparation physique sera assurée par Stéphane Polly, fort de son expérience de 13 saisons avec le CA Brive. L’objectif immédiat est clair comme de l’eau de roche (« crystal clear », dirait coach Hill): « Cette année, on veut terminer dans les quatre premiers de la poule afin de se qualifier directement pour le futur championnat de Nationale 2. Ensuite, se maintenir en Nationale 2, se positionner pour l’accession en Nationale, s’y maintenir. A terme, monter en Pro D2 ». Pour ce faire, Richard Hill souligne également la qualité des installations dont il dispose: le Stade Francis-Rongérias compte 6500 places, la salle de musculation est très proche (« à Rouen, il fallait faire 10 km dans les bouchons pour aller faire de la musculation »), la salle à manger et la salle de vie pour les joueurs sont des plus agréables.

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Tout comme Juan Carlos Bado, Louis Dubois (tee-shirt rouge) et Stéphane Polly épauleront Richard Hill dans sa nouvelle tâche (Photo CAP Officiel).

Nécessaire, quand on sait que bon nombre de joueurs passent la journée « sur zone »: musculation, skills et entraînement collectif le matin, puis repas est pris en commun. Les pluri-actifs vont ensuite travailler, les autres sont « off » et tout ce petit monde se retrouve le soir pour un entraînement collectif à partir de 18h15. Le ressenti du coach après quelques jours en poste? « Les joueurs sont très motivés, avec beaucoup de qualité. Ils sont soudés, avec une bonne ambiance. Le staff a l’an passé fait un très bon travail de recrutement et d’intégration des nouveaux joueurs. On verra après les premiers matchs amicaux mais pour l’instant, je suis satisfait ». Même si l’adaptation est forcément de mise: « La difficulté réside dans le fait de gérer un groupe dans lequel on a des joueurs à temps plein (environ 10 ou 12) et des pluri-actifs. Ensuite, je suis habitué à construire une stratégie qui s’applique à chaque niveau. Les mêmes lancements, les mêmes annonces des catégories jeunes aux Espoirs jusqu’à l’équipe première ». Autre « difficulté »: le choix de la langue parlée à l’entraînement. « Je parle anglais avec les Roumains ou les Iliens. Ils comprennent souvent le français, mais si un point a besoin d’être renforcé… ». Quoi qu’il en soit, la machine semble lancée. Le CA Périgueux jouera-t-il pour autant les premiers rôles en Fédérale 1? Si l’on se fie aux premiers résultats en amical (victoire 31 à14 contre Niort le 14 août, nouveau succès 36 à 34 contre le CAC la semaine suivante), on peut fortement y croire. Wait and see…

 

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