Championnat de France de rugby des sapeurs-Pompiers 2026 : l’Ariège a sorti le grand jeu
Pendant deux jours, à Mazères et Saverdun, il n’y avait pas besoin de sirène pour comprendre qu’il se passait quelque chose. Les 12 et 13 juin, après l’Hérault en 2025, à Béziers, l’Ariège a en effet accueilli la 23e édition du championnat de France de rugby des sapeurs-pompiers. Une première sur le territoire, organisée par l’Union départementale des sapeurs-pompiers de l’Ariège (UDSP 09) et le SDIS 09…


Rugby et pompiers : même combat collectif
Cette grande fête du rugby pompier a rassemblé pas moins de 73 équipes venues de toute la France, soit plus de 1 000 joueurs, et 2 000 participants et spectateurs autour des terrains de Mazères et Saverdun. Le monde du rugby et celui des pompiers, sont très, entre solidarité, engagement et esprit collectif, sur le pré, comme en dehors.
Ce championnat a surtout rappelé une évidence : le rugby et les sapeurs-pompiers partagent beaucoup plus qu’un goût prononcé pour l’engagement physique.
Dans les deux cas, il faut avancer ensemble. Faire confiance au collègue. Ne pas laisser un partenaire isolé. Réagir vite. Garder la tête froide quand ça chauffe. Et savoir que le collectif sera toujours plus fort que l’individu seul.
Sur un terrain comme en intervention, celui qui part sans soutien finit rarement bien. Et à Mazères comme à Saverdun, cette culture du groupe s’est vue partout : dans les matchs, dans les encouragements, dans l’organisation, dans les sourires, et dans la troisième mi-temps.


73 équipes, 226 matchs : alerte générale sur les pelouses ariégeoises
Le championnat a réuni 51 équipes masculines et 22 équipes féminines, toutes venues du Gers, du Var, d’Alsace, de Bretagne, du Rhône, de Saône-et-Loire, du Puy-de-Dôme, de la région parisienne, et de bien d’autres coins de France.
Autant dire que les pelouses de Mazères et Saverdun ont vu défiler du monde, avec 226 matchs disputés en 48 heures (!) : les organisateurs avaient intérêt à avoir bien préparé le plan d’intervention. Car le rythme était soutenu, les temps de récupération parfois courts, mais l’intensité n’a jamais baissé. Sur le terrain, les pompiers ont prouvé qu’ils savaient aussi intervenir ballon en main : percussion, soutien, replacement, solidarité… pas besoin de grande échelle pour aller chercher les finales, mais il fallait quand même avoir du coffre.


Du rugby, du vrai, et un niveau qui a surpris
Selon les organisateurs, le niveau de jeu a été particulièrement relevé. Patrick Antoniutti, président de l’UDSP 09, a salué un championnat “énorme” et “grandiose”, avec des retours très positifs de la part des équipes présentes.
Et ce n’est pas un détail. Parce que dans ce type de rendez-vous, on pourrait croire que l’ambiance prend le dessus sur le sportif. En réalité, les deux ont cohabité parfaitement. Le terrain a été pris au sérieux, les matchs ont été engagés, et les phases finales ont confirmé que ce championnat n’avait rien d’une simple sortie en tenue de sport.
Les participants ont aussi mis en avant une belle aventure humaine et sportive. Là encore, rien d’étonnant : quand on mélange rugby et sapeurs-pompiers, on obtient forcément une bonne dose d’esprit d’équipe, de dépassement de soi, et de respect de l’autre.


Les résultats : le Var et l’Hérault au sommet
Au bout de ces deux jours de compétition, plusieurs équipes ont réussi à sortir du feu pour aller chercher le titre.
Les vainqueurs par division :
- Première division masculine : Var
- Première division féminine : Hérault
- Deuxième division masculine : Rhône
- Troisième division masculine : Lot-et-Garonne
- Deuxième division féminine : Puy-de-Dôme
Chez les féminines, l’Hérault a confirmé sa solidité en remportant la première division. Chez les masculins, le Var est monté sur la plus haute marche après un parcours maîtrisé.
Derrière ces résultats, il y a bien sûr des scores, des essais, des finales et des regrets. Mais il y a surtout des souvenirs communs : ceux d’un championnat dense, exigeant, et parfaitement dans l’esprit du rugby amateur.


300 bénévoles, Mazères et Saverdun au cœur du dispositif
Les municipalités de Mazères et Saverdun ont également joué un rôle essentiel dans l’accueil de l’événement. Les deux sites ont permis de répartir les rencontres, d’absorber le volume de matchs, et d’offrir aux équipes un cadre adapté.
Pour une première en Ariège, le pari était ambitieux. Il est réussi. Pendant deux jours, le département a vécu au rythme du rugby pompier, entre compétition, convivialité et ferveur.
Les partenaires et sponsors ont eux aussi été salués par les organisateurs. Là encore, c’est une réalité du rugby amateur : sans soutien local, sans réseau, sans coups de main, les grands événements ne sortent pas du garage.
Sportivement, l’équipe locale n’a pas réussi à passer les phases qualificatives. Mais si le terrain n’a pas offert le parcours rêvé aux Ariégeois, l’organisation, elle, a clairement marqué des points bonus. Accueillir 73 équipes, gérer plus de 1 000 joueurs, faire tourner 226 matchs, mobiliser les terrains, les bénévoles, les arbitres, les partenaires, les collectivités, ce n’est pas exactement une promenade en camion léger. Et sur ce point, l’Ariège a réussi son intervention. Propre, efficace, collective.
Derrière chaque grande compétition amateur, il y a ceux qu’on ne voit pas toujours sur la feuille de match. Ici, ils étaient près de 300 bénévoles mobilisés tout au long du week-end.
Accueil des équipes, logistique, buvettes, repas, circulation, terrains, gestion des imprévus : sans eux, pas de championnat. Ou alors un championnat qui part vite en fumée.
C’est souvent là que le rugby amateur est le plus beau : dans cette capacité à mobiliser tout un territoire autour d’un événement. Les bénévoles ariégeois ont répondu présent, et leur travail a largement contribué à la réussite de cette 23e édition.
24 arbitres pour garder le cap
Côté arbitrage, 24 arbitres de la région Occitanie ont été mobilisés, avec une forte présence ariégeoise grâce à l’implication du comité départemental de rugby de l’Ariège.
Et avec 226 matchs au programme, autant dire qu’ils n’ont pas passé le week-end les mains dans les poches. Là aussi, il fallait de l’organisation, de la concentration et un peu de mollets.
Car arbitrer un championnat de ce format, c’est tenir la pression, garder la ligne, calmer les débuts d’incendie… et rappeler que même chez les pompiers, il faut respecter les règles du jeu.
Une première ariégeoise qui fera date
La 23e édition du championnat de France de rugby des sapeurs-pompiers restera comme une belle réussite, et encore plus pour l’Ariège. Sportivement, l’événement a tenu ses promesses. Humainement, il a confirmé que ce championnat avait une saveur particulière.
Pendant 48 heures, Mazères et Saverdun ont accueilli bien plus qu’une compétition, c’était une grande réunion de famille, celle des sapeurs-pompiers rugbymen et rugbywomen, venus de toute la France pour défendre leurs couleurs, partager un moment fort, et rappeler que les valeurs ne sont pas qu’un slogan au bord du terrain.
Les camions rouges peuvent rentrer à la caserne : la mission est accomplie. Et pour une fois, quand on dit que les pompiers ont mis le feu, personne n’a eu envie de l’éteindre.


Champ. de France des Sapeurs Pompiers 2025 : à Béziers, « les Héraults » du quotidien triomphent













