C.T.C. (Cadres Techniques de Clubs) : Le Tarnais Lionel Viguier, parmi les 10 premiers nommés

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Saint Jean d’Angély, Rochefort, (Charente Maritime), Thonon les Bains, (Haute Savoie) maintenant Angers, (Mayenne) le tout avec un camp de base dans la région albigeoise, les voyages forment la jeunesse dit-on. Laure Viguier, son épouse, et ses enfants (Marine 12 ans, Lola 9 ans et Cloé 7 ans) peuvent le confirmer, elles qui, depuis quelques années, font régulièrement leurs bagages pour suivre Lionel dans ses déplacements rugbystiques. Le Tarnais a répondu favorablement à une offre qu’il ne pouvait pas refuser… (par BR)

Quand il défendait les couleurs de Saint-Juéry, en Honneur (photo C. Fabries)

« Nous avons toujours pris les décisions ensemble, c’est un choix à deux. Les filles, quant à elles, sont assez ouvertes d’esprit, c’est certainement lié à tous ces déplacements qu’elles ont connus. Elles s’adaptent à chaque nouvelle ville et à chaque nouvelle vie. Pour moi la présence de la famille est essentielle. Laure m’aide dans mes choix rugbystiques qui sont maintenant devenus des choix professionnels. C’est ainsi depuis mon départ à St Jean d’Angély comme joueur.» C’est ainsi que Lionel Viguier explique le fonctionnement familial. Dès la semaine prochaine, son épouse et ses filles vont quitter Thonon où le papa était entraîneur du club depuis la dernière intersaison pour le rejoindre à Château Gontier, près d’Angers dans la Mayenne. Eneffet, il est devenu depuis le mois de décembre dernier, l’un des premiers C.T.C. (Conseiller Technique de Club) nommé par la FFR pour une phase d’expérimentation dans la Ligue des Pays de La Loire, avant d’en nommer 200 autres dans tous les départements français.

Il est loin le temps ou Lionel trainait sa grande carcasse de seconde ligne sur les terrains tarnais. Des débuts tardifs à Marssac, à 20 ans, puis, Cadalen, Carmaux, Gaillac, Alban, et St Juéry. Entre temps, il a connu le monde professionnel à St Jean D’angély puis Rochefort, un rêve qui se réalisait. Chaque année les sergents recruteurs voulaient se l’approprier, tant sa présence sur le terrain était efficace, mais ses choix étaient d’abord guidés par ce culte de l’amitié qui le caractérise et lui a permis de devenir un rassembleur dans tous les clubs où il a évolué. Clément Vaur, le demi de mêlée et « toubib » de Carmaux le définissait ainsi avec un brin d’humour :«Ce mec est hors normes et refuse les blessures grâce à son énorme mental. Il arrive à jouer, même blessé. Je pense qu’il ne doit pas avoir les mêmes cellules que tout le monde. » 

Toujours président du comité des fêtes de Fénols, et exploitant agricole (il a laissé provisoirement la gestion de sa propriété à une société), Lionel Viguier est en train de concrétiser ses objectifs.

Lionel, comment s’est passée cette nomination ?   

Lionel Viguier : « Je suis titulaire d’un diplôme d’état et dès que j’ai su que la FFR allait créer ces  postes, j’en ai discuté avec Philippe Rougé-Thomas,  j’ai envoyé ma candidature et tout est allé très vite. J’ai passé un premier entretien le 20 novembre devant Didier Retière et ses adjoints. Nous étions 35 à postuler pour 8 postes. J’ai été retenu et prévenu le 1er décembre pour commencer le 11 décembre à Nantes. Il a fallu faire vite.»

Quelle a été la réaction du club de Thonon qui vous avait recruté pour plusieurs saisons ?

L.V. « J’étais allé à Thonon en tant que manager du club, avec l’objectif principal de remettre sur pied un club qui évoluait en honneur sans briller. Nous avions 30 joueurs quand je suis arrivé (pour deux équipes) et nous avons perdu les six premières rencontres. A mon départ, l’effectif était de 44 joueurs et nous venions de remporter six succès d’affilée. Quand j’ai commencé mes entretiens avec la FFR, j’ai voulu assurer la suite en mettant en place et en formant le capitaine de l’équipe de façon à assurer une bonne transition. Il est certain que les dirigeants on été déçus, mais ils ont très bien compris que je ne pouvais pas refuser ce statut de cadre que l’on me proposait

A travers ce nouveau poste, quelle sont les attentes des clubs, sachant que l’expérience doit déboucher sur la création de 200 autres postes en France d’ici la fin de l’année?

L.V. « Notre rôle principal réside dans la formation. Nous avons en charge le suivi et la formation de tous les éducateurs et entraîneurs des clubs que l’on nous attribue (5 chacun) et cela, à leur demande. Ici, dans la Mayenne, ils sont preneurs, le challenge à relever est énorme alors que le rugby tient seulement la 18ème place, derrière le golf. Tous sont heureux de voir qu’on va les accompagner dans leurs projets de club à  moyen et long terme en les aidant à s’ouvrir, à mettre des outils en place, les écouter et répondre à leurs diverses demandes. Nous devons également participer au développement du rugby scolaire, des écoles de rugby de clubs et du rugby féminin.

En définitive, vous êtes un passionné qui va vivre de sa passion ?

L.V. « J’ai toujours aimé œuvrer pour des associations et j’aime avoir ce regard extérieur avant d’intervenir pour aider dans la proximité avec les gens et les clubs. Nous sommes très autonomes et nous agissons à notre guise. C’est à nous de gérer notre temps, notre travail, et de fait, j’y suis du matin au soir, sept jours sur sept. Etre choisi pour exercer cette fonction par Didier Retière et son équipe de la direction technique nationale, c’est une grande fierté pour moi. Je réalise là ce que j’ai ébauché il y a quelques années à St Jean d’Angély, Carmaux ou St Juéry. Le plus difficile sera de se passer des compétitions de clubs puisque nous n’avons ni le droit de jouer, ni d’entraîner.

Et Maintenant ? 

L.V. La priorité est de récupérer ma petite famille (la semaine prochaine) et de les installer. Côté boulot, je n’en manque pas et les rencontres s’enchainent. L’éloignement avec le reste de ma famille et les amis que j’ai laissé dans le Tarn n’est pas toujours simple à vivre. J’espère pouvoir évoluer dans le temps, et pourquoi pas, revenir au pays dans cette fonction ou dans une autre.

B.R.

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