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Billet d’humeur : racisme dans le rugby amateur, porte de sortie pour Thomas Portes

Monsieur le Député de la France Insoumise Thomas Portes. Vous venez de créer une (nouvelle) polémique après une sortie sur les réseaux qui fait grand bruit. Puisque vous ciblez le rugby amateur, nous nous permettons de vous répondre directement. Et évidemment, nous vous accorderons un droit de réponse à notre micro, si vous le souhaitez… (Par Jonah Lomu – Photos Christophe Fabriès)

Billet d'humeur : racisme dans le rugby amateur, porte de sortie pour Thomas Portes

« J’ai joué très jeune au rugby, et il n’y avait quasiment que des blancs »

Vous venez donc de déclarer sur les réseaux : «J’ai joué très jeune au rugby, et il n’y avait quasiment que des blancs. Il y avait juste à aller voir le club de football de la même ville pour voir plus de mixité. J’ai grandi avec le discours des valeurs du rugby…Mais le rugby a aussi véhiculé cette image de mecs gaillards, solides, masculinistes. » 

Au rugby, on accueille des petits, des grands, des maigres, des gros, des jeunes, des plus vieux.
Au rugby, on apprend le respect, la tolérance, le respect, la solidarité, l’entraide et le vivre ensemble.
Au rugby, on se moque bien des origines, de la couleur de peau, de la religion et des croyances en tous genres.
Au rugby, on comprend vite que seul, on n’est rien, qu’on a besoin de l’autre, et que l’autre peut compter sur nous.
Le rugby, pour résumer, se conjugue au féminin comme au masculin, tout le monde peut y jouer, il suffit juste de le vouloir.
Au rugby, il n’y a aucun discrimination.

Vous devriez le savoir, vous qui avez pratiqué dans vos jeunes années. Peut-être pas assez pour apprendre correctement, comprendre et surtout retenir les valeurs fondamentales de ce ballon ovale, qui rassemble. Et ne divise que les parts de gâteaux pendant les goûters du mercredi et du samedi. Qu’importe d’où vous venez ou votre couleur de peau.

Le rugby, c’est l’école de la vie, pas l’école de l’avis. Et encore moins celui d’un homme politique polémiste qui voudrait raciser notre beau sport. Il n’est pas toujours exemplaire certes (on parle du rugby, pas de vous, quoique…), mais les brebis galeuses ou les moutons… noirs, sont vite recadrés.

Permettez-nous donc ce recadrage, sans débordement. Diriez-vous la même chose sur le foot et sa mixité ? Le ballon rond peut se jouer dans la rue, sur du béton, un parking, dans les cités, qui en font le sport populaire n°1 en France, et parfois un ascenseur social, dans une équipe black, blanc, beur. Il y a moins de mixité dans le cyclisme, le ski, la natation, le tennis de table, doit-on en faire une polémique pour autant ?

Billet d'humeur : racisme dans le rugby amateur, porte de sortie pour Thomas Portes

Laissez à chacun la liberté de choisir son sport, du moment qu’il en pratique un. Laissez les gamins rêver devant Teddy Riner, Arthur Fils, Victor Wembanyama, Mbappé, ou dans le rugby donc, devant Antoine Dupont, Thomas Ramos, Mathieu Jalibert, et Théo Attisogbé, sans parler de la couleur de « Pau ».

D’ailleurs, puisque vous évoquez aussi le Top 14, permettez-nous aussi de vous confronter à vos propres contradictions Monsieur le Député. Car vous déclarez aussi : « Le symbole de cette catastrophe, c’est la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde 2023 avec Jean Dujardin, la baguette de pain, le marcel et la moustache. Si on regarde le Top 14, on voit une mixité internationale incroyable, des joueurs qui viennent des quatre coins du monde, de toutes les couleurs de peau, de toutes les religions.» 

Vous dénoncez un manque de mixité dans le rugby de votre époque, et vous saluez la mixité d’aujourd’hui, notamment dans le Top 14, reflet d’une société en constante évolution. Yoram Moefana, Péato Mauvaka, Rodrigue Néti, Demba Bamba, Romain Ntamack, Georges Henri Colombes, Cameron Woki, sont des enfants d’Outre Mer, de métropoles, des cités, de villages reculés et n’en sont pas moins des enfants de la Nation et du rugby. Comme tous ceux qui jouent dans les divisions inférieures.

Un conflit de canard

Par vos propos, vous manquez de classe, ouvrière, regrettable pour un natif de Carmaux. Le rugby est justement et historiquement un sport rural, devenu plus citadin donc. Ce qui ressemble pourtant à votre parcours : de la ville minière du Tarn chère à Jean Jaurès, en passant par Agen, puis Bordeaux, et enfin Paris. Allez à Drancy, Suresnes, Massy ou Bobigny, vous y découvrirez une mixité plus importante qu’au fin fond de l’Ariège ou du Gers, c’est un fait. La faute au rugby, vraiment ? On vous laisse à votre conflit de canard.

Pour terminer, vous vous offusquez du racisme, trop présent dans le monde amateur : «Plus tu descends dans les divisions inférieures, plus les propos racistes sont exacerbés. Sur les terrains de Top 14, tu peux avoir un abruti en tribunes et tu l’entends très rarement sur le terrain entre joueurs, mais dès que tu descends de niveau…»

Le repli sur soi, la violence, les excès, et le racisme sont grandissants, dans une société devenue trop permissive, sans sanction véritable. La faute à qui ? Le rugby n’est pas imperméable à ces problèmes, à ces fléaux sociétaux, mais il tente d’y faire face, les yeux dans les yeux, avec ses valeurs, qui existent bien.

Laissez donc le rugby en dehors de vos polémiques, permanentes et stériles, ou alors, attaquez-vous à des sujets plus préoccupants, comme la cocaïne dans le sport amateur par exemple. Vous le salarié de la SCNF, le rail est un combat qui devrait vous parler. Et sans nous lancer de la poudre aux yeux svp !

P.S. (pour Post scriptum, pas Parti Socialiste bien sûr, on est un peu gauche parfois) : nous on a bien aimé voir Jean Dujardin sur son tricycle, en marcel, casquette, baguette sous le bras avec sa petite moustache. C’était une cérémonie simple comme un repas du vendredi soir au club house entre copains. Devant notre télé, on a apprécié regarder un match d’ouverture (ouverture, si, si, le mot existe) de l’équipe de France composée notamment de Réda Wardi, Uni Atonio, Cameron Woki, Yoram Moefana, Peato Mauvaka et consorts (en un seul mot… au cas où). Souvenez-vous, c’était une belle fête populaire contre les… All Blacks (humour, second degré, si vous en avez).

Billet d'humeur : racisme dans le rugby amateur, porte de sortie pour Thomas Portes

Billet d’humeur RugbyAmateur – Série noire cousue de fil blanc 

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