Biganos – Eymet (R3) : cartons rouges, insultes racistes, match arrêté, et deux versions bien différentes
Encore serait-on tenté de dire. Ce dimanche 14 décembre, la rencontre opposant le Biganos Rugby XV à l’Amicale Sportive Eymétoise n’est pas allée à son terme, comme beaucoup trop ces dernières semaines. Ce duel, comptant pour la 10ᵉ journée de Régionale 3 Nouvelle-Aquitaine (Poule 3), a été stoppé par le corps arbitral en deuxième mi-temps suite à des insultes racistes émanant du public envers l’équipe visiteuse. Ce lundi matin, deux versions des faits divergent autour de cette énième affaire bien regrettable, désormais entre les mains de la Ligue Nouvelle-Aquitaine…


Biganos – Eymet : deux communiqués, deux versions des faits
Ce dimanche, au stade Roger Garnung de Biganos, en Gironde, des insultes racistes auraient été proférées par des spectateurs à l’encontre de joueurs de l’AS Eymétoise, conduisant l’arbitre du jour, en accord avec le représentant fédéral, à mettre fin prématurément à la partie. On jouait le dernier tiers d’une rencontre déjà tendue, marquée par de nombreux cartons (2 rouges, 6 jaunes), Biganos menait 50 à 35, lorsque les officiels n’ont eu d’autre choix que de renvoyer tous les acteurs aux vestiaires avant la fin du temps réglementaire.
Mais que s’est-il passé pour en arriver à une telle décision ? Les deux clubs ont livré leur version des faits, bien différente. Selon Eymet, dans son communiqué officiel :« Le match ́́a été arrêté par l’arbitre, en accord avec le délégué de la rencontre suite à des propos racistes clairement identifiés et entendus provenant de Biganos. Cette décision intervient après un match marqué par des insultes répétées tout au long de la rencontre, dépassant largement le cadre de la rivalité sportive. (…) Face à la gravité des faits, l’arbitre et le délégué ont pris leurs responsabilités avec courage, fermeté et professionnalisme. Nous tenons à saluer leur décision, pleinement conforme aux règlements et aux valeurs fondamentales de notre sport. »
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Tolérance zéro face au racisme et aux insultes
Et l’ASE de conclure : « Ces propos et ces attitudes n’ont pas seulement interrompu un match. Aucun joueur ne devrait être exposé à cela. Aucun supporter ne devrait assister à une telle situation. Ils sont réunis pour partager, s’amuser et pratiquer le sport qu’ils aiment, et aucun d’entre eux ne mérite d’être humilié, rabaissé, blessé ou atteint par des paroles haineuses. Le rugby est un sport de combat sur le terrain, mais un sport de respect en dehors. Aujourd’hui plus que jamais, tolérance zéro face au racisme et aux insultes ! »
Dans le communiqué du club de Biganos, après s’être désolidarisé de tout acte raciste, sans les reconnaitre pour autant, c’est l’atmosphère hostile sur le terrain qui a été mise en avant. « Soulignons que la rencontre s’est déroulée dans un climat tendu, marqué par des faits de jeu et des comportements ayant nécessité plusieurs interventions arbitrales et disciplinaires, contribuant à dégrader progressivement le cadre sportif de la rencontre. (…) Ainsi, le match a légitimement été interrompu afin de préserver l’intégrité des joueurs et le cadre réglementaire de la rencontre. »
Cette dernière a depuis été placée en instance, en attendant le verdict final de la Ligue Nouvelle-Aquitaine, qui, après avoir récolté un maximum d’informations, statuera lors d’une commission régalienne. Rappelons pour finir que les insultes racistes, en plus d’être contraires aux valeurs de solidarité et d’inclusion de l’Ovalie, sont pénalement répréhensibles.













