Bièvre Saint-Geoirs : dans les coulisses de la dernière équipe de Fédérale 2 toujours invaincue
Quoi qu’il advienne, l’AS Bièvre Saint-Geoirs aura marqué de son empreinte l’exercice 2025/2026 de Fédérale 2. Dernière équipe toujours invaincue sur l’ensemble des huit groupes après 17 journées, le BSGRC trace son petit bonhomme de chemin le pied au plancher et caracole aujourd’hui en tête de la poule 2. En réalisant ce magnifique et improbable sans-faute, les Isérois peuvent d’ores et déjà entrevoir une qualification directe pour les phases finales. Pour connaître les dessous d’une telle réussite, nous sommes allés à la rencontre de Laurent Mignot, l’entraîneur des Castors. (Par Loulou / Photos @AURA Sport&Motion et KarineValentin Photos)

« Notre réussite ? Ce sont 170 bénévoles et un club structuré avec des dirigeants authentiques »
À Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, commune de 3000 habitants dans le bas Dauphiné, le rugby est roi. Un dimanche de match au stade de la Daleure, l’arène du BSGRC, est un jour de fête. La ferveur est immense, les tribunes sont pleines et les cœurs battent à l’unisson au rythme envoûtant des exploits des Castors, surnom donné aux joueurs de l’équipe locale. Et cette saison, les très nombreux suiveurs des « Rouge et Noir » sont gâtés, car leurs protégés réalisent une incroyable série de 17 victoires en autant de rencontres, que peu de monde avait imaginée sur la ligne de départ. Avec 22 points d’avance sur leur dauphin du Pays Saint-Jeannais, ces derniers peuvent sereinement envisager la place finale de leader.

« Notre objectif, c’est de se faire plaisir et de faire plaisir à tous les gens autour »
Nous avons donc cherché à savoir comment les Mandrinois s’étaient retrouvés sur le toit de cette solide poule 2. Laurent Mignot, l’entraîneur du groupe seniors, nous a répondu : « Le secret de notre réussite ? Ce sont 170 bénévoles et un club structuré avec des dirigeants authentiques qui bâtissent un projet depuis un long moment. Chez nous dans la Bièvre, l’emblème c’est le castor, et le castor c’est un bâtisseur généreux et ingénieux, voilà à quoi l’on essaye de ressembler, tout simplement. Personnellement, c’est ma deuxième saison ici, on essaye juste de faire au mieux », dépeint le coach avec humilité et passion, avant de reprendre :
« Ici, il y a toujours eu du monde au stade, on est au milieu de l’Isère qui est une région très rugby. On doit tourner entre 500 et 1000 spectateurs le dimanche à domicile. Il y a une belle ambiance, de nombreux partenaires, c’est vraiment un club structuré et sain. L’histoire d’invincibilité est belle, mais j’ai surtout envie de mettre en avant le club dans son ensemble, qui se construit marche après marche : 170 bénévoles, c’est juste énorme, je ne sais pas si les gens se rendent compte. Notre objectif, c’est de se faire plaisir et de faire plaisir à tous ces gens autour. » En voilà un beau décor atypique, qui déborde d’enthousiasme, d’engouement et d’investissement humain.

« J’entraîne seul, avec des joueurs leaders devant et derrière en autogestion »
Pour ce qui est du sportif, là aussi Laurent Mignot nous présente un fonctionnement hors du commun, d’autant plus en Fédérale 2 : « J’entraîne seul, avec des leaders devant et derrière en autogestion. J’ai cette vision : il faut responsabiliser les joueurs pour qu’ils s’amusent, c’est de la Fédérale. On a une profondeur d’effectif qui me permet aussi de maintenir une rotation au sein du groupe. Il y a une belle dynamique collective, on essaye de produire du jeu et de faire en sorte que les gars prennent du plaisir. On s’appuie sur des mecs du club, sur des bonnes valeurs et pour le moment ça fonctionne. »

Une bande de copains qui s’éclate, une armée de bénévoles passionnés, des dirigeants bâtisseurs aux dents aiguisées de castors : vous tenez la recette gagnante de l’AS Bièvre Saint-Geoirs. Mais n’allez pas croire que les Isérois fanfaronnent en se reposant sur leurs lauriers, bien au contraire. « Être invaincu, c’est super, mais il n’y a rien de fait, au rugby tout va très vite.
Plusieurs équipes ont déjà vécu de belles séries et derrière ne sont pas montées. La vérité du jour n’est pas celle de demain. On cherche juste à progresser, à prendre les matchs les uns après les autres sans trop se projeter. Il ne faut pas croire que l’on gagne facilement tous les dimanches, c’est même souvent bien compliqué », en sourit Laurent Mignot.

Les Castors vont éviter le barrage
Vainqueurs ce week-end de Saint-Claude, le champion de France en titre de Fédérale 3, et avec la manière (59-12), les Stéphanois sont fort logiquement leaders de la poule 2 avec pas moins de 24 points d’avance sur Voiron (3ᵉ), le premier non-qualifié directement pour les seizièmes à cinq journées du terme. Les Castors sont donc très bien partis pour éviter un périlleux tour de barrage et ça, ça ne s’invente pas. « L’an dernier, on a fini troisièmes de poule, puis on a perdu en seizième face à Pézenas.
Notre objectif de début de saison était de faire mieux, en terminant dans les deux premiers. La B ne s’est jamais qualifiée et on aimerait aussi leur permettre de vivre des phases finales (actuellement deuxième de sa poule). Pour la une, être premier de poule serait déjà historique, alors la montée en Fédérale 1 le serait encore plus, » conclut le coach, la voix légère et amusée. C’est peut-être ça le secret de la réussite finalement : s’amuser.















