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Reportage – « Ballons sans frontières », aux Fidji, le beau défi de Quentin Mori

Quentin Mori, ancien entraineur et joueur du Rugby Club de Flers Pays du Bocage, s’est lancé cet été dans un périple autour du monde, à la découverte de nouvelles cultures rugbystiques. Après un passage au Chili, il a depuis posé son sac à dos aux Fidji, sur une île où le rugby est roi malgré des infrastructures et des équipements plus que limités, pour ne pas dire inexistants. Alors que l’équipe nationale vient d’affronter le XV de France avec brio, à 27 000km de là, le Normand de 30 ans a créé le projet « Ballons sans frontières », avec l’objectif de recevoir sur place du matériel depuis la France… (Par Loulou / Photos Quentin Mori)

Reportage - "Ballons sans frontières", aux Fidji, le beau défi de Quentin Mori
Quentin Mori s’éclate aux Fidji, malgré le manque de moyen

De Flers aux Fidji, Quentin Mori souhaite ramener un maximum de ballons depuis la France

Après quatre saisons passées en tant qu’entraineur salarié au RC Flers, dans l’Orne, Quentin Mori s’est lancé dans une aventure aux quatre coins du globe, avec le ballon ovale comme acolyte de voyage. Ce périple personnel est né d’un désir de découvrir de nouvelles approches de notre sport, pour à terme devenir entraineur à haut niveau.

« J’avais envie de bouger et je souhaitais voir un autre rugby car il y a tellement de façons différentes d’entraîner et de jouer », nous explique le principal intéressé. Parti en juin dernier, le coach en vadrouille a quitté sa Normandie natale pour rejoindre le Chili. Après cette première escale enrichissante en Amérique du Sud, le barbu a ensuite mis le cap sur les Fidji.

Ballons sans frontières : aux Fidji, Quentin Mori espère "recevoir un maximum de matériel"
Le quotidien du Normand a changé de décor

« Je suis arrivé en tant que bénévole à la Lelean Memorial School de Nausori, où j’ai ouvert un programme rugby avec déjà plus de 330 jeunes d’inscrits, de 13 à 18 ans. Aux Fidji chez les enfants, il n’y a pas de clubs, c’est un championnat scolaire qui s’est terminé fin aout. C’est donc pour qu’ils puissent continuer à jouer que l’on a créé ce camp d’entrainement.

Mais il n’y a pas d’équipement, je n’ai à ma disposition que 5 ou 6 ballons et une vingtaine de plots. Alors comme l’établissement me loge sur place dans l’école, ma façon de les remercier, c’est d’essayer de ramener un maximum de matériel depuis la France », aspire Quentin Mori, qui a en ce sens eu l’idée de créer le projet « Ballons sans frontières ».

Ballons sans frontières : aux Fidji, Quentin Mori espère "recevoir un maximum de matériel"
Le programme d’entrainements de Quentin Mori est un succès

« J’ai vu des jeunes se partager une paire de crampons »

Sur cet archipel du Pacifique Sud, Quentin a découvert un peuple passionné de rugby qui ne possède cependant que très peu de moyens. Il témoigne : « Les enfants de l’école sont tous super motivés. Ils ont juste besoin d’un carré d’herbe pour pratiquer, ils jouent sans chaussures ou avec une seule chaussette, c’est hallucinant. J’ai même vu des jeunes se partager une paire de crampons, avec chacun une chaussure au pied. Je dois jeter 50 cailloux en dehors du terrain tous les jours et j’en retrouve toujours autant le lendemain… J’ai mis trois semaines avant d’avoir une pompe pour regonfler des ballons. Je n’ai aucune protection sur les poteaux, c’est vraiment plus que de la débrouille. »

Ballons sans frontières : aux Fidji, Quentin Mori espère "recevoir un maximum de matériel"
Jouer avec une seule chaussure au pied : improbable mais vrai ! (Jetez un œil attentif sur le jeune en maillot rouge au premier plan)

Sur un terrain en piteux état et avec des tenues faites de bric et de broc, les jeunes filles et garçons de l’école de Nausori connaissent eux aussi une conception toute neuve de leur passe-temps favori, grâce au nouvel encadrant venu d’un autre continent. « On communique en anglais, toute leur scolarité se fait dans cette langue donc les enfants se débrouillent. Mais je les convertis quand même aux bonjour et aux au revoir, en français. »

Et comme les Caucasiens à la longue barbe brune et tatoués jusqu’au cou ne courent pas les rues sur cette île, le profil du Normand interpelle, comme le révèle justement l’ancien entraineur de Flers : « Ils sont super intrigués. Tous les matins, j’ai deux ou trois gamins qui entrent dans mon petit bureau, me saluer en disant « Bonjour, comment ça va ? », avec des grands yeux. L’ambiance est extraordinaire. »

Ballons sans frontières : aux Fidji, Quentin Mori espère "recevoir un maximum de matériel"
Les poteaux penchent plus que les palmiers

« Je suis preneur de ballons, de plots, des pompes à ballon, de tout le matériel qui traine au fond des clubs »

Comme vous le savez, l’environnement du Bocage flérien et celui des Fidji sont aux antipodes. Entre les palmiers et les plages paradisiaques, le Normand baigne dans une toute autre atmosphère : « Dès la fin des cours, les gamins foncent faire du rugby et les passants viennent les rejoindre pour jouer avec eux. C’est tous les jours comme ça. On retrouve des gabarits très costauds, et ils aiment bien le chocolat comme on dit (rires). Ils n’ont pas les mêmes règles que nous en matière de sécurité. Si ça peut plaquer au sternum, ils le font. C’est un rugby totalement différent.

Ballons sans frontières : aux Fidji, Quentin Mori espère "recevoir un maximum de matériel"
Les jeunes fidjiens ont visiblement besoin d’une piqure de rappel du règlement concernant les règles de sécurité

L’encadrement n’est pas du tout le même qu’en France. Les coachs se contentent parfois de donner un ballon aux jeunes et ça joue tout le long, l’entrainement n’est pas construit comme dans nos écoles de rugby. Alors j’envoie toutes mes séances aux entraineurs locaux, car je souhaite vraiment laisser une trace sur le long terme et pas juste pendant mes 6 mois de passage. Le but c’est qu’ils puissent continuer à faire quelque chose après et encore mieux avec du matériel. »

Ballons sans frontières : aux Fidji, Quentin Mori espère "recevoir un maximum de matériel"
C’est ainsi que la magie débute chez les joueurs des îles du Pacifique, parmi les tout meilleurs de la planète…

Pour récolter ce matériel, justement, Quentin Mori compte sur la grande famille du rugby amateur et particulièrement sur les clubs de l’Hexagone : « Je suis preneur de ballons, de plots, des pompes à ballon, de tout le matos qui traine au fond des clubs et qui ne sert plus, sauf les vêtements. Car si je ramène quelques T-shirts, je vais avoir 290 jeunes qui ne vont rien avoir et je ne peux pas choisir, au risque de les frustrer. S’il y a des tees pour buter, ça serait super également, car ici, ils coupent des bouteilles en plastique, puis mettent un fond de sable dans le fond pour stabiliser le tout… »

Si vous souhaitez envoyer des équipements en direction des Fidji, transmettez vos cartons de matériels directement au club de Flers à l’adresse suivante : 255 rue de la Jossière, stade des Closets, 61100 Flers. La maman de Quentin se chargera ensuite d’expédier le tout à l’autre bout du monde, pour redonner un rebond à ses ballons, mais aussi pour dessiner des sourires encore plus larges sur les visages des jeunes Fidjiens.

Ballons sans frontières : aux Fidji, Quentin Mori espère "recevoir un maximum de matériel"
Joie communicative
Ballons sans frontières : aux Fidji, Quentin Mori espère "recevoir un maximum de matériel"
Les impacts sont rudes, même sans chaussures et sur un terrain dur comme de la pierre
Ballons sans frontières : aux Fidji, Quentin Mori espère "recevoir un maximum de matériel"
Garçons et filles vibrent pour la même passion
Ballons sans frontières : aux Fidji, Quentin Mori espère "recevoir un maximum de matériel"
Les féminines en bande bien organisée
Ballons sans frontières : aux Fidji, Quentin Mori espère "recevoir un maximum de matériel"
Quentin Mori (ici avec le maillot des Fidji sur les épaules) vit une merveilleuse aventure dans les îles du Pacifique.

Bonus : le club de Flers s’était déjà distingué, pour une tout autre raison que l’on vous laisse (re)découvrir ci-dessous…

Régionale 3 : valises pleines, maffré, cathédrale, déguisement, un vrai savoir « Flers »

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