Alexandre Martinez (Trésorier FFR) : “Il était de notre devoir d’accompagner les clubs”

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Malgré un exercice 2019-2020 compliqué par la crise sanitaire, la Fédération a annoncé un résultat positif sans renier à ces ambitions sur le rugby amateur. Explications avec Alexandre Martinez, Trésorier Général de la FFR… (source FFR.fr)

christian dulin et alexandre martinez ffr
Alexandre Martinez (au centre, ici lors du lancement de France 2023, à Toulouse). Une année 2020 dont il se souviendra particulièrement… (photo Wildon – RugbyAmateur)

France Rugby : Malgré un exercice 2019-2020 compliqué, la FFR présente un budget à l’équilibre ?

Alexandre Martinez ( Trésorier Général de la FFR) : « Nous sommes très satisfaits de ce résultat parce qu’il respecte le mandat confié lors de l’Assemblée Générale de Nantes. Nous sommes même mieux qu’à l’équilibre puisque nous présentons un budget positif. Lorsque l’on connait le contexte dans lequel il a été exécuté avec cette crise sanitaire exceptionnelle, je suis effectivement plutôt satisfait de ce résultat. »

Un résultat qui prend encore plus d’ampleur avec le maintien de la réorientation des ressources et le plan de relance vers le rugby amateur ?

« C’est une des particularités de ce résultat et de la manière dont nous avons abordé au plan financier les effets de la crise sanitaire. Nous avons en effet décidé de ne pas remettre en cause les engagements que nous avions pris dans notre budget, notamment dans la réorientation des ressources en direction des clubs ou dans la mise en place du plan de relance qui a pesé pour 5,64 millions d’euros dans le résultat de l’exercice. Et pourtant ces initiatives s’inscrivent dans une baisse des recettes puisque nous n’avons pas pu bénéficier du produit du match France – Irlande qui était prévu en mars 2020. Nous sommes donc plutôt fiers d’avoir pu mener à bien tous nos engagements et d’avoir consacré des moyens importants à nos équipes de France afin de les repositionner au niveaux des standards internationaux et je pense au vu des résultats, que nous avons eu raison de le faire. »

Ces résultats démontrent aussi la robustesse financière de FFR ?

Tout d’abord ce résultat améliore notre robustesse puisqu’il est positif. Nous injectons en effet 400 000 € supplémentaires dans nos fonds propres. Il est évident que le plan de relance n’aurait pas pu être mis en place si la FFR n’était pas robuste au niveau de ses finances. Je le rappelle, nous sommes la Fédération qui a été la plus ambitieuse sur son plan de relance suite à la crise sanitaire avec un montant dégagé de 35 millions €. Le programme de réorientation budgétaire, décliné pour le 3ème exercice consécutif, s’inscrit dans la même veine. Leur mise en œuvre confirmant s’il le fallait notre vraie solidité financière qui se traduit dans nos comptes et dans nos résultats. Je tiens aussi à souligner que nous n’avons pas eu recours à l’emprunt pour financer tous nos programmes puisque tout cela se fait sur les ressources fédérales. »

MARTINEZ
Sur ses terres tarnaises, en compagnie d’Alain Rey (à droite) président du Comité du 81 (photo Christophe Fabriès – RugbyAmateur)

Sans plan de relance, sans réorientation des ressources, vous auriez annoncé un bilan très positif ?

Alexandre Martinez : « Sur l’exercice 2019-2020, la crise sanitaire pèse aux alentours de 2,5 millions € sur le résultat, le plan de relance a un impact de 5,6 millions € et le plan de réorientation plus de 10 millions €. Si nous n’avions pas mis en œuvre ces trois programmes, notre résultat serait largement positif mais pour quel intérêt ? Thésauriser ? Annoncer fièrement un résultat de plus de 15 millions € ? En désaccord au fond avec nos missions principales qui consistent à développer et organiser la pratique du rugby amateur sur le territoire ainsi que la gestion des équipes de France ? Nous voyons bien que les mesures prises remplissent nos ambitions, notamment envers nos clubs qui subissent de plein fouet la crise. Il était de notre devoir de consacrer des ressources pour les accompagner pour qu’ils traversent ces péripéties dans les meilleures conditions possibles.”

Comment voyez-vous l’avenir ?

Notre robustesse financière nous permet d’afficher une certaine sérénité. Nous devons en revanche être réalistes. C’est pourquoi nous  avons élaboré un plan de révision budgétaire qui a pour objectif de mesurer les conséquences de la crise sur les finances sur la FFR et de définir les mesures nécessaires pour s’adapter à cette situation nouvelle. Il faut savoir que sur nos recettes, l’impact sera de 34 millions €. Nous sommes en train de mettre en place ce programme de révision budgétaire pour adapter cette baisse de nos recettes sans hypothéquer la solidité financière de la Fédération. C’est pourquoi nous nous sommes fixés comme objectif que nos fonds propres, qui s’élèvent aujourd’hui à 32,8 millions €, ne passent pas sous le seuil des 25 millions € à l’issue de l’exercice. Nous allons compenser cette baisse de recettes par des économies sur notre fonctionnement, la réalisation de certaines opérations synonymes de recettes nouvelles. Enfin sommes en situation de pouvoir amortir une partie importante de cette perte de recettes parce que nous avons des réserves qui nous permettrons de financer une partie très minoritaire de l’impact financier de la crise sanitaire. Enfin permettez-moi de vous dire qu’il me parait tout à fait normal que nous utilisions de manière maîtrisée une partie de nos réserves dans la situation de crise que nous connaissons car je pense que les réserves doivent aussi servir à cela plutôt que de dormir sur un compte bancaire pendant que des clubs vivent durement cette crise.

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