1ère série – Launaguet, le petit poussait…qui avançait à pas de géant

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C’est LA belle histoire de cette saison. De ces deux dernières années même. Et nous parlons d’un club vieux de…9 ans, créé par Gilles Hourquet et Eric Rouquié, plus quelques autres passionnés. Deux premières années réussies avec deux montées à la clé pour autant de titres pour l’équipe réserve. Le club digère sa progression, se stabilise en deuxième série, mais continue de se structurer. L’arrivée de dirigeants, entraîneurs, joueurs, jeunes pour la plupart, permet de consolider les déjà belles fondations, et d’instaurer un état d’esprit qui sera la clé de voûte des succès futurs…(par Jonah Lomu)

Mai 2013, Launaguet remporte le championnat de 2ème série. Une énorme fierté déjà pour tous ceux qui oeuvrent pour les jaune et noir. Au début de cette saison,Christophe Vinazza, le président du club, n’était pas serein, d’autant plus dans une poule particulièrement relevée : i[ “Je me souviens de notre premier match, à domicile, que l’on perd contre Foix, une grosse écurie. On se posait des questions”. ]iEric Rouquié ne disait pas autre chose :“Notre objectif était le maintien, et on se doutait que ce ne serait pas facile”. Dans les semaines qui suivent, le groupe livre de belles prestations, notamment à Lézat (déjà), où les deux équipes régalent les spectateurs d’un match ultra offensif avec une farandole d’essais. Launaguet perd 34-29 ce jour-là, mais gagne une image d’équipe offensive, aux lignes arrières efficaces “mais aussi avec des lacunes défensives”tempère Sébastien Combettes, entraîneur des avants, et plus encore…Car si le groupe séniors progresse, c’est aussi grâce à un staff pour le moins complet, dans un fonctionnement quelque peu atypique. Avec Sébastien Combettes donc, qui s’occupe des avants et qui a rechaussé les crampons en cours de route, avec Karim Tami, préposé aux lignes arrières, et Flavien Hourquet, le guide, le meneur d’hommes, élément central du dispositif terrain. Cette triplette étant épaulée par Eric Rouquié et Sébastien Larané, pour un fonctionnement collégial, qui concerne tout un groupe séniors. Christophe Vinazza insiste bien sur ce point : “Nous avons un groupe séniors de 80 licenciés, tous les mecs s’entraînent ensemble, sans distinction. Il y a plus de ballons tombés peut-être, mais dans le principe, tout le monde est concerné, même si deux groupes sont dessinés ensuite par les coachs”. 

De cet amalgame, il faut peut être aller chercher le secret de la réussite du club. Car au cœur de l’hiver, quand les terrains sont gras, voire impraticables, ce sont tout de même 70 joueurs qui répondent présents. Seb Combettes se souvient, “Quand on nous interdit l’accès à notre terrain à cause du mauvais temps et que ça dure deux mois, ce n’est pas simple d’expliquer aux gars de venir quand même s’entraîner sur un parking pour faire de la mise en place. On finit par manquer de rythme et de puissance, ce qui explique quelques matchs moins aboutis en janvier et février”. Une période pendant laquelle le président va remuer ciel et…terre, pour trouver des solutions. L’équipe se délocalise, sur des terrains synthétiques, pour jouer ses matchs le dimanche…matin à 10h ! Peu importe le groupe est soudé, se connaît trop bien pour laisser filer cette place qualificative devenue possible au fil des matchs. Eric Rouquié restait toujours mesuré, que coach Combettes ne démentait pas “On visait le maintien oui, mais plus la saison avançait, et plus la 4ème place semblait possible à atteindre. L’objectif avait changé, on voulait cette place pour jouer un barrage à domicile. Pour une première année, ce n’était déjà pas si mal.” 

Un parcours incroyable

Lézat caracole en tête, Foix est un solide deuxième. Launaguet termine très honorablement à la 5ème place, derrière le TEC et Bonnac, mais devant Seilh, et le Fousseret. Et puis, Bonnac est interdit de phases finales par le comité, Launaguet grimpe à cette fameuse quatrième place de manière inespérée, et reçoit ainsi “son” barrage à domicile contre Labruguière. Est-ce la pression ou le sentiment du devoir déjà accompli, toujours est-il que les Tarnais bousculent les Haut-garonnais. “On fait un match moyen”, reconnaît Seb Combettes, “mais contre une bonne équipe, qui nous a bousculé, on gagne quand même. Un signe. On passe petitement. Peut être un mal pour un bien”. Plus qu’un signe, Eric Rouquié y voit un déclic, une prise de conscience sans doute. En quart de finale, se dresse l’ogre Rabastens, incontestable premier de sa poule et favori pour le titre, donc pour ce match. “J’ai vu des sourires sur les lèvres de nos adversaires, pas de suffisance, non, mais une certaine décontraction. Nous on y était, convaincus qu’on pouvait faire un truc !” 80 minutes plus tard, les propos de Sébastien Combettes prenaient encore plus de sens, tant les Haut-garonnais ont renvoyé l’ogre dans son marais avec 40 points dans la besace. Les guêpes donnent le bourdon ! En demi-finale, Launaguet est devenu l’outsider. Toujours pas favori puisque Verdun, l’adversaire du jour, venait de sortir Capdenac en 1/4 et effacer le Fousseret des barrages. Et puis la thèse de l’accident sans doute explique sûrement la performance contre Rabastens. Le match est plus que serré, chaque équipe marque à tour de rôle, jusqu’à un score de parité, 17-17. la prolongation se profile. Mais la solidarité launaguétoise va encore faire parler d’elle. Les joueurs, dans un ultime effort, mettent à la faute Verdun et obtiennent un pénalité à…50m. Il y a du vent favorable, Lagane tente et réussit son coup de pied. Launaguet est en finale !

Christophe Vinazza : “On ne pouvait pas prévoir un tel scénario”

“L’invité surprise” retrouve Lézat, dont le pack, emmené par les frères Massat, a fait plier bien des équipes cette année. On craint le pire pour Launaguet dont ce n’est pas le point fort. Mais là encore, on se trompe. Ce sont bien les jaune et noir qui avancent devant, et proposent des ballons portés d’une rare efficacité. Cette équipe que l’on présentait comme joueuse mais un peu légère, n’a pas qu’une cavalerie derrière, c’est du costaud devant“les mecs se connaissent depuis plusieurs saisons, ils ont progressé, de les voir à ce niveau me fait forcément plaisir” avoue Sébastien Combettes, lui même au cœur des débats sur le terrain. Le match avance, on comprend vite que ce ne sera pas un festival offensif comme en phase de poule, mais l’intensité et le score étriqué, rendent la fin de rencontre irrespirable. Launaguet mène 15-12. Lézat propose une relance du bout du monde, arrêtée in extremis à quelques mètres de la terre promise. Les guêpes forment une barrière infranchissable, portées par plus de 500 supporters qui poussent avec eux. Lézat insiste, pilonne, mais commet un en-avant fatal. Launaguet est champion de 1ère série ! Un deuxième titre en deux saisons et surtout, cerise sur le gros gâteau, une montée en promotion honneur. Pour le 10ème anniversaire du club, qui se prépare en fin d’année, on ne pouvait pas rêver de meilleur cadeau. “Incroyable, époustouflant, inespéré” voilà les mots qui reviennent le plus souvent. Qui pouvait imaginer un tel scénario ? Christophe Vinazza, en bon Guy Roux du rugby amateur qu’il est, admet avoir caché un peu son jeu cette saison : “Oui je savais qu’on avait du potentiel, oui j’ai assez vite compris qu’on avait le niveau de première série, mais de là à envisager le titre…et la montée. Non, tout cela est tellement aléatoire : la disqualification de Bonnac, notre barrage, la demi gagnée à la dernière seconde, on ne pouvait pas prévoir un tel scénario. Pour la saison prochaine, l’objectif sera bien naturellement le maintien, il va bien falloir digérer cette progression”.

Quel avenir en Promotion Honneur ?

Car oui, pas le temps d’apprécier ce double succès que se pose déjà la question de la saison prochaine. Quand on vient de deuxième série 12 mois plus tôt, cela peut faire peur. “Pourquoi peur ?” s’étonne le président, “notre ligne de 3/4 est à 90% composée d’anciens de PH avec qui j’ai joué. Et puis je ne suis pas convaincu qu’il y ait un grand fossé entre les deux niveaux, tout du moins pour se maintenir”.Sébastien Combettes est plus terre à terre lorsqu’il parle d’avenir : “Ce club se construit sur des valeurs simples, de partage, de plaisir, avec un état d’esprit irréprochable. On ne peut pas parler de recrutement, car en PH, ça signifie qu’on propose quelque chose. Or, on ne propose rien d’autre que de vivre le rugby sur des bases saines. Il n’ y a pas d’argent ici, on paye tous notre licence. On va juste s’appuyer sur notre réseau, de copains, qui amèneront les leurs, etc…Il y a un bassin suffisant autour de chez nous pour attirer des jeunes et des moins jeunes”Christophe Vinazza confirme tout en pointant du doigt un problème grandissant : “Sportivement on s’en sortira, notre projet est sympa, on s’appuie vraiment sur les fondamentaux du rugby, avec une forte notion de plaisir. Mais au niveau des structures, c’est compliqué. Si à l’horizon 2015, on n’a pas de stade digne de ce nom, ou un deuxième sur lequel on puisse s’entraîner, on le payera. En 2ème série ça passait, en 1ère, on a commencé à le payer, en PH, on ne s’en sortira pas “. Alors le président n’exclut aucune perspective, pas même celle d’une délocalisation “on fait bouger 500 personnes qui crient allez Launaguet, la preuve est faite de notre crédibilité sportive, que le club avance. La mairie a beaucoup investi pour les autres sports du village, je souhaite que ce soit notre tour aujourd’hui”. Un rendez-vous a déjà été pris pour cette fin de mois pour en discuter. A l’ordre du jour, un deuxième terrain éclairé et des vestiaires dignes de ce nom. Il faudra au moins ça pour accueillir aussi les minimes du club, champions en Groupama B, et la création d’une équipe cadets.

Le mot de la fin pour Sébastien Combettes, qui après avoir rechaussé ses crampons, va définitivement tourner la page comme joueur. Il reste encore à jouer le championnat de France, en guise d’ultime douceur d’une saison qui restera gravée pour ce club qui n’a cessé de grandir, et d’attirer toujours plus de monde au stade. Une fierté de plus pour le futur ex entraîneur-joueur qui tient à remercier toutes les personnes qui participent à cette aventure :“J’ai une grosse pensée pour les dirigeants bien sûr, qui rendent possible tout ce que l’on vit, car c’est un travail énorme en coulisses toute une saison. Et puis, j’aimerais remercier notre association “la 16ème guêpe”, composée, d’anciens, de joueurs, de supporters, d’amis, qui par leur mobilisation lors des phases finales, nous galvanise. Leur soutien est, j’en suis certain, une aide importante dans les moments difficiles d’un match. Notre réussite en phases finales depuis deux ans est aussi la leur. Merci à eux”

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