1/2 finale Elite 1 Féminines : Montpellier – Romagnat, la marée héraultaise éteindra-t-elle le volcan auvergnat ?

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Ce samedi à 17 heures se dérouleront les demi-finales d’Elite 1 Féminine. A Toulouse, sur la pelouse du stade Ernest-Wallon, l’ASM Romagnat, premier de la poule 2 défiera le Montpellier Hérault Rugby, champion de France en titre et deuxième de la poule 1 derrière le surprenant Blagnac RF. En prélude à cette rencontre indécise, Rugby Amateur s’est entretenu avec deux des entraîneurs, à savoir Fabrice Ribeyrolles (Romagnat) et Patrick Raffy (Montpellier) pour une interview croisée qui en dit long sur les motivations des deux équipes…(par Marco Matabiau)

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Jessy Tremoulière et Safi N’Diaye, deux des figures emblématiques de leur club respectif (©photo Laurent Bonnet  et Christophe Fabriès – RugbyAmateur)

Rugby Amateur : Bonjour messieurs. Avant tout, revenons quelques mois en arrière. Quel était l’objectif du club en début de saison ?

Fabrice Ribeyrolles (Romagnat) : On savait que cela allait être une saison particulière. Notre ambition est, chaque année depuis notre accession au plus haut niveau national il y a cinq ans, d’évoluer et de progresser. On souhaitait se qualifier en demie après avoir échoué en 1/4 à Bayonne il y a deux saisons. On a compris qu’on était des privilégiés de pouvoir jouer, que c’était une chance pour nous. Cela nous a fait un bien terrible de reprendre en janvier.

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Fabrice Ribeyrolls apprécie la progression régulière de son équipe (Photo Christophe Fabries).

Patrick Raffy (Montpellier): Notre but à chaque début de saison, c’est d’aller le plus loin possible et de nous qualifier au plus vite. On a ainsi un objectif de résultat et dans la méthode pour y parvenir. Il a fallu notamment jongler avec les différentes équipes de France (Montpellier compte pas moins d’une douzaine d’internationales). J’ai l’impression que sur ce championnat, on commence à voir que les filles débutent le rugby plus tôt et sont prêtes techniquement quand elles arrivent à haut niveau. Auparavant, on avait beaucoup plus d’athlètes d’autres sports qui se redirigeaient ensuite vers le rugby. Le niveau, notamment technique donc, augmente ainsi chaque année.

RA : Quel regard portez-vous sur votre parcours en championnat ?

PR : On a subi le début de saison avec beaucoup de matchs reportés du fait de l’épidémie de Covid. Nous avions cependant joué tous nos matchs de première phase. La suite a été plus délicate. Nous avons eu des matchs reportés, le calendrier impacté par les matchs de l’équipe de France. Cela nous a valu de jouer deux doublons, un lors du match à rattraper à Rennes, l’autre à Lons pour ce qu’on pourrait considérer comme le premier doublon officiel du championnat d’Elite 1 Féminine.

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Patrick Raffy (qui a depuis arrêté de fumer) et son compère Olivier Clessienne (le moins chevelu des deux) ont dû gérer pas mal de mésaventures au cours de cette saison si particulière.

FR : Petit à petit, le groupe a pris confiance. Nous avons obtenu de bons résultats et avons atteint notre objectif qu’étaient ces demi-finales. On a réussi à faire cela tout en nous appuyant sur notre formation, qui est un point essentiel de notre projet, et en structurant davantage le club. Notre parcours est une véritable fierté.

RA : Comment avez-vous vécu l’ultime journée de playoffs ?

FR: Depuis que nous avions perdu à Toulouse (27-36), on ne pensait plus à la première place de la poule. Nous nous sommes toutefois déplacés à Bordeaux pour faire un bon match à l’approche des demi-finales. On y a d’ailleurs gagné, avec le bonus offensif (34-11). On n’a pas du tout suivi le résultat de Toulouse face à Bayonne (12-12). Au terme de la rencontre, on a pu annoncer aux filles qu’on était premiers. Là aussi, c’est une grande fierté d’être devant Toulouse.

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L’internationale Caroline Thomas (casquée) apportera de son expérience au groupe pour aborder au mieux cet événement (Photo Alain Montségur).

PR : Avant le match face à Blagnac, nos deux rencontres précédentes avaient été reportées ou annulées pour cause de Covid-19. On est donc allés à Blagnac, sur un match sec, avec la première place de la poule en jeu. On a préparé le match avec 10 filles à l’entraînement, les autres étant en isolement ou asymptomatiques. On a géré comme on pouvait. Sur le match, on est satisfait de ce qu’ont donné les filles, notamment une belle solidarité défensive. Néanmoins, cela n’a pas suffi (défaite 8-13).

RA : Comment abordez-vous cette demi-finale?

PR: Depuis le match face à Blagnac, on a pu s’entraîner plus correctement. On a tout de même un gros point d’interrogation sur notre condition physique. On devrait avoir l’effectif quasiment au complet, même si on a perdu Marie Vanthournout à Blagnac (ligaments croisés du genou). En revanche, Caroline Boujard devrait être remise de son coup à l’épaule. On est bien entendu sur nos gardes : Romagnat est en pleine bourre, en pleine confiance, sur une dynamique extrêmement positive et propose un jeu très abouti.

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Caroline Boujard (casque bleu) sera bel et bien opérationnelle pour ce match couperet (Photo Alain Montségur).

FR: On aborde cette rencontre avec beaucoup de plaisir et un état d’esprit remarquable. On essaie de se servir de l’expérience de chacun. On arrive tout de même sur la pointe des pieds. Montpellier, c’est un monstre : 7 finales en 7 ans, 6 titres. C’est ce qui se fait de mieux en France depuis des années. On sait qu’on est capables de faire de belles choses. Il s’agira aussi de contrôler l’aspect émotionnel, et de faire très bien tout ce qu’on sait faire. Si on y parvient et qu’on est battus, c’est que l’on sera tombés sur meilleurs que nous…

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