Stop aux visuels par IA : l’essai de résistance du Rugby Club Archepontain (27)
Tandis que la plupart des clubs se tournent vers l’Intelligence Artificielle (IA) pour communiquer sur les réseaux sociaux, un pensionnaire de Régionale 3 Normandie a quant à lui décidé de dire stop : le Rugby Club Archepontain. Une prise de position rafraîchissante et courageuse qui invite à réfléchir sur l’identité visuelle des clubs de rugby amateur, mais aussi sur l’utilisation de ce nouvel outil…

Le Rugby Club Archepontain nage à contre-courant et dit STOP à l’IA
Ce n’est un secret pour personne : l’utilisation de l’intelligence artificielle pour la création de visuels représente un gain de temps et d’argent immense pour la très grande majorité des clubs amateurs, et notamment pour ceux tout en bas de la pyramide. Entre la gestion des entraînements, l’encadrement de l’école de rugby, la logistique des matchs du week-end ou encore la recherche de partenaires, les dirigeants courent constamment après les minutes. L’arrivée d’outils génératifs tels que l’IA offrent ainsi une solution rapide et efficace. Les informations sont aisément relayées et la communication est faite. Mais à quel prix ?
En faisant défiler son fil d’actualité des réseaux sociaux les veilles de matchs, un phénomène d’uniformisation saute aux yeux. Slogans génériques, graphismes éblouissants et interchangeables, joueurs aux traits lisses… Toutes les affiches et tous les calendriers de clubs finissent par se ressembler, gommant peu à peu l’authenticité et la saveur si particulière du rugby de clocher.
« On préfère un visuel imparfait qui nous ressemble à un visuel parfait qui pourrait être celui de n’importe qui… »
C’est précisément ce constat qui a poussé l’équipe dirigeante du Rugby Club Archepontain, club basé à Pont-de-l’Arche dans l’Eure, à opérer un virage radical. Dans une publication largement partagée et saluée sur les réseaux sociaux, le club normand a annoncé haut et fort son retour aux sources :
« Comme beaucoup, nous avons essayé les visuels réalisés par IA. C’est pratique, rapide… mais au final, nous avons surtout eu l’impression de perdre quelque chose : notre identité. Des images parfois très belles, mais aussi très lisses, très impersonnelles… Alors, pour nos prochains visuels, nous faisons un choix simple avec un retour aux petites mains créatives. »
Plutôt que de céder à la facilité des algorithmes, le RCA assume l’option des créations graphiques « peut-être moins parfaites, moins spectaculaires, mais créées avec nos idées, notre imagination et surtout, notre personnalité Archepontaine ». Le club l’affirme sans détour : « On préfère un visuel imparfait qui nous ressemble à un visuel parfait qui pourrait être celui de n’importe qui. »




Un coup de projecteur inattendu pour ce retour aux sources
Pour concrétiser cette démarche authentique, le club eurois ne compte pas s’arrêter là et souhaite activement faire appel à des web-designers et photographes locaux, replaçant l’humain et l’ancrage territorial au cœur de sa communication.
Si cette décision audacieuse fait beaucoup parler sur la toile et recueille de nombreux soutiens, elle pose une question centrale pour les clubs : quelle place l’IA doit-elle occuper dans la vie des équipes amateurs ? Chacun reste évidemment libre de placer le curseur où il l’entend, mais pour Pont-de-l’Arche, ce « non » aux robots offre un formidable et involontaire coup de pub, rappelant à point nommé que l’âme d’un club de rugby réside d’abord dans son histoire, ses bénévoles et son irremplaçable ADN local…
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