Reportage – SMUC (Fédérale 3) : « Tout faire pour qu’il y ait un grand club à Marseille »
Depuis l’épisode Marseille-Vitrolles (2007-2012), marqué par le passage de la légende des All Blacks Jonah Lomu et un titre de champion de France de Fédérale 2 en 2011, la cité phocéenne attend toujours sa grande équipe de rugby. Celle-ci sera-t-elle le Stade Marseillais Universitaire Club ? C’est en tout cas le souhait du club centenaire marseillais (créé en 1923), qui vise une montée au plus haut niveau fédéral d’ici quatre ans. Leader de sa poule et bien parti pour se qualifier directement en 32es de finale de Fédérale 3, le groupe première des Gris et Noir se montre pour l’heure à la hauteur des ambitions du club, qui bâtit un projet sur le long terme basé sur sa formation et un état d’esprit exemplaire… (Photos Commvision et @derrieremonobjectif_)

À Marseille, le SMUC en quête de sommet
À Marseille, entre les plages du Prado et la place Castellane, se trouve le stade Jean-Bouin, théâtre des exploits du SMUC. Aussi fou que cela puisse paraitre, cette pelouse bordée d’une piste d’athlétisme est le seul bout de jardin du club phocéen aux quelques 700 adhérents. « On doit faire partie des plus gros clubs de France en termes de licenciés, mais on doit jongler entre toutes les catégories avec un seul terrain », indique Jimmy Courtial, le directeur technique et sportif. Et pourtant, malgré cette difficulté logistique, la dynamique du club grimpe en flèche. Une progression étroitement liée à l’arrivée du nouveau salarié, en poste depuis un an et demi.

Premier employé de l’histoire du SMUC Rugby, l’ancien militaire a apporté un cadre au sein de la maison grise et noire. « Être à temps plein m’a permis de tout restructurer, de mettre en place des entraineurs diplômés à tous les niveaux, mais aussi de créer du lien entre les sections. Les résultats ont été immédiats : les enfants sont bien encadrés et nos seniors sont premiers dans chaque catégorie, que ce soit l’équipe fanion, la B ou nos féminines », se réjouit le directeur, l’un des grands acteurs de la réussite actuelle du club marseillais.

« L’objectif que l’on s’est fixé l’an dernier, c’est d’être en Fédérale 1 dans cinq ans »
De responsable de l’école de rugby à entraîneur de la ligne arrière des seniors, l’Ardéchois d’origine enfile toutes les casquettes possibles et imaginables pour mener à bien sa mission : développer le SMUC. Pour diriger le groupe de Fédérale 3, ce dernier a décidé de s’entourer d’un staff expérimenté. Ainsi, le duo Laurent Cadau (manager) – Thibault Depagne a posé ses valises dans le 8ᵉ arrondissement de la cité phocéenne durant l’intersaison en provenance du club de Fédérale 1 de Berre-l’Étang. Avec ces entraîneurs chevronnés aux manettes, l’équipe s’est rapidement mise à jouer les premiers rôles de la poule 6, une position espérée et recherchée par le club, comme nous le confie Jimmy Courtial :
« L’objectif que l’on s’est fixé l’an dernier, c’est d’être en Fédérale 1 dans cinq ans. Mais ce n’est pas une ambition qui se réalise seul, il faut que tout le club soit derrière. Pour l’exercice en cours, les joueurs n’ont aucune pression, on sait qu’ils sont capables de valider la montée et même d’aller jusqu’en finale du championnat de France, mais si on ne grimpe pas cette année ce n’est pas grave, ça sera pour la suivante. »
Entre cadres émérites et jeunes prometteurs, l’effectif a été façonné pour mener à bien cette quête de promotion. « On a un beau mélange entre étudiants, pour garder l’état d’esprit universitaire, et des leaders expérimentés que l’on a recrutés à des postes clés, décrit le dirigeant, qui précise :

À l’ouverture par exemple, Alexandre Soriano nous a rejoints d’Aubagne et nous tire vers le haut, puisqu’il est actuellement le meilleur réalisateur de Fédérale 3 (254 points). On a aussi un pilier, un deuxième ligne et un centre expérimenté qui sont arrivés l’été dernier, mais aussi des jeunes issus de centres de formation, un du Stade rochelais et deux de l’Union Bordeaux-Bordeaux qui sont venus pour passer des diplômes ou entrer dans la Marine Nationale. Tous nos seniors sont au même niveau, il n’y a aucun joueur de surpayé comme ça peut être le cas dans d’autres clubs de Fédérale 3. »

« J’ai du mal à concevoir qu’il n’y ait pas de grand club à Marseille, on va tout faire pour rendre ça possible »
En remportant le derby le plus court de l’édition 2025-2026 de Fédérale 3 ce week-end à domicile face au Marseille Rugby Méditerranée (55 à 3, 2,1 km de stade à stade), le SMUC a prolongé sa série de succès à sept d’affilée, confortant sa place de leader à deux journées de la fin de la phase qualificative. « On a changé l’état d’esprit des joueurs, on a monté le curseur sur l’aspect combat, avec un gros paquet d’avant et une bonne conquête. On veut que ce soit dur de jouer chez nous.
Il y a un bel engouement, l’affluence au stade a doublé. On commence à parler de nous à Marseille et aux alentours. Il fait bon vivre au SMUC, les joueurs se sentent bien et d’autres veulent rejoindre l’aventure. On a que des bons signaux », insiste Jimmy Courtial, avant d’ajouter : « Le club n’a jamais évolué en Fédérale 2, les gars ont échoué d’un rien les années précédentes, une montée serait donc historique. J’ai du mal à concevoir qu’il n’y ait pas de grand club de rugby à Marseille. On va tout faire pour rendre ça possible, par la formation et l’exemplarité autour d’un projet que l’on a appelé SMUC Avenir. »

Avec une école de rugby aussi riche, l’ancien coach chez les jeunes du Stade phocéen et d’Aubagne souhaite faire de la formation l’axe principal de la réussite des Gris et Noir. « Chez les jeunes, on a plus de quatre équipes par catégorie, c’est énorme, mais on ne sort encore que trop peu de joueurs capables d’évoluer en première. Et ça, c’est quelque chose que l’on veut à tout prix changer dans les années à venir : créer un vivier pour alimenter notre équipe de fédérale. J’ai fait une refonte totale de la formation, avec notamment la création l’année prochaine d’une section sport-études en partenariat avec les collèges des environs qui va permettre aux jeunes d’avoir quatre entrainements par semaine. »

En attendant que les jeunes pousses fleurissent sous le soleil méditerranéen, le SMUC espère se récompenser durant le printemps, en validant sa place à l’échelon supérieur. Un objectif que tente également de réaliser les « Furies », l’équipe féminine qui évolue en Fédérale 2. « Elles sont premières de leur poule depuis deux ans et font elles aussi tout pour monter. On a une section cadettes qui a fait son premier match récemment, donc c’est assez prometteur chez les filles aussi. Tous les deux sont au vert, » conclut Jimmy Courtial, qui espère voir le SMUC devenir le prochain grand club marseillais.















