Fédérale 3 : RC Paris 15 face au CARF, tout savoir sur cette finale inédite aux airs de « Classico »
La finale du championnat de France de Fédérale 3 est en ligne de mire ! Ce dimanche 5 juillet, le RC Paris 15 et le CARF de Saint-Raphaël Fréjus se disputeront le titre suprême sur le terrain neutre de Tarare (69). Le Nord contre le Sud, la capitale face à la Côte d’Azur, deux approches du rugby et des philosophies différentes qui s’apprêtent à s’entrechoquer pour un rendez-vous épique, avec le Bouclier dans le viseur. Qui remportera ce choc pour succéder au FC Saint-Claude ? Parcours, historique, chiffres clés… Zoom sur les forces en présence des deux finalistes. (Photo Une ©imagedelinstant)
Fédérale 3 : le terrain neutre de la finale désigné par la FFR (5 juillet)
Un « Classico » inédit et imprévisible
Sans boule de cristal, il est quasi impossible de prédire l’affiche d’une finale de rugby amateur. En revanche, celle de l’édition 2025-2026 de Fédérale 3 qui se profile était tout simplement introuvable, même pour les meilleurs médiums ou autres devins du XXIe siècle.
Voyez vous-même : il y a un an tout pile, les deux clubs finalistes n’évoluaient même pas en Fédérale 3 ! Deux divisions séparaient le CARF (Club Athlétique Raphaëlo-Fréjusien), alors installé à l’étage supérieur en Fédérale 2, et le RC Paris 15, aligné en Régionale 1. Sauf que durant l’été dernier, les deux formations ont voyagé dans la même direction pour se croiser à mi-chemin, puisque l’un a été relégué d’un étage quand l’autre fêtait sa promotion.
En septembre dernier, les voilà donc tous deux sur la ligne de départ avec le dossard de la même compétition, sans toutefois imaginer une seule seconde que leurs destins se croiseraient en finale du championnat de France neuf mois plus tard. Mais la magie du ballon ovale a frappé pour nous offrir ce dénouement entre deux écuries que tout oppose. Paris face à la Côte d’Azur : un joli parfum de « Classico » cher aux fanatiques du PSG et de l’OM, pour une confrontation sur le papier bien plus indécise que ce choc de Ligue 1 de ces dernières années…
Pas de Parc des Princes ni de Vélodrome pour notre finale à nous, mais le stade Léon-Masson de Tarare, dans le Rhône, pour accueillir cet ultime rendez-vous de la saison. Le FC Saint-Claude, vainqueur l’an dernier face à Rodez, va donc devoir se résigner à céder son planchot acquis de main de maître. Après le Jura, quelle destination va prendre cette fois le fameux bout de bois ? Une année en balade dans les artères de la capitale, ou le long du littoral méditerranéen sur les plages du Var ? Qu’il va être long à attendre, ce dimanche de couronnement…


La présentation des finalistes
Le CARF : un rouleau compresseur en mission Bouclier
La fiche d’identité
Nom officiel : Club Athlétique Raphaëlo-Fréjusien
Année de création : 1936
Surnoms : les Jaunets, les Carfistes
Le staff : Jérôme Cassus et Kévin Campbell
Historique : dernière apparition en Fédérale 2 lors de la saison 2024-2025
Un petit tour et puis remonte
Un an seulement après avoir connu la douleur de la relégation, le CARF a repris l’ascenseur vers l’étage supérieur sans perdre de temps. Les Varois ont d’abord survolé la poule 6, terminant leaders avec un bilan impitoyable de 14 victoires, 1 nul et seulement 2 défaites (plus une péréquation). Une régularité impressionnante qui demandait toutefois confirmation lors des matchs couperets.
Car comme vous le savez, en Fédérale 3, cette première place ne suffit pas. C’est lors des phases finales que les Jaunets ont validé leur ticket de promotion. Après avoir écarté Châteauneuf Saint-Marcel en 32es, c’est leur brillante victoire lors du double choc des 16es de finale face au FC Tournon Tain qui a officiellement validé leur remontée en Fédérale 2.
Une fois cet objectif prioritaire en poche et dignement fêté, la mission s’est immédiatement transformée en quête de bois. Depuis, le capitaine Yassine Saaoui et sa bande font parler leur expérience des joutes supérieures. Leur marque de fabrique ? Une puissance physique destructrice et une capacité unique à étouffer leurs adversaires après la pause :
8es de finale : le Gan Olympique fait de la résistance avant de voler en éclats lors du deuxième acte sous les impacts varois (41-20).
Quarts de finale : face à Corbières XV, le bras de fer est musclé (15-13 à la mi-temps), mais les hommes de Jérôme Cassus font encore basculer la rencontre en seconde période (34-23).
Demi-finale : contre le RC Vichy, c’est un véritable duel de titans. Mais là encore, la maîtrise collective et cette impression de puissance dégagée par le CARF font la différence pour s’offrir un ticket doré (36-25).
L’atout fraîcheur : Une semaine de repos supplémentaire
Au bout de cette saison marathon qui s’étire exceptionnellement jusqu’aux premiers jours de juillet, la fraîcheur sera la clé. Et sur ce point, les Carfistes ont peut-être tiré le gros lot. En raison de la canicule, l’autre demi-finale a été décalée d’une semaine. Résultat ? Le CARF débarque à Tarare avec une semaine de récupération de plus dans les jambes par rapport au RC Paris 15. Un avantage décisif au moment de livrer l’ultime bataille de l’année ? Certainement.


Le RC Paris 15 : l’insatiable invité surprise
La fiche d’identité
Nom officiel : Rugby Club Paris 15
Année de création : 1971 (devenu club indépendant en 1996)
Surnom : les Jaunards
Le staff : Rémy Bourdaa et Nicolas Baratto
Historique : première montée en Fédérale 2 de l’histoire du club
L’ascension vertigineuse du RCP15
En face, les Parisiens sont tout simplement en train d’écrire la plus belle page de leur histoire. Jugez plutôt le grand écart : il y a un an à peine, le club échouait en quarts de finale du championnat de France de Régionale 1 face à Valréas. Douze mois plus tard, après une phase qualificative impressionnante terminée à la 2e place de la poule 16 (15 victoires, 1 nul, 2 défaites), les voilà propulsés sur le devant de la scène nationale de l’étage du dessus, le tout dans un costume de promu…
Pour s’inviter au banquet final, les Parisiens ont d’abord dû écarter Clamart lors d’un derby francilien maîtrisé en 32es. Mais c’est au tour suivant que le destin des Jaune et Noir a basculé : au terme d’un double choc électrique face à Angers, le RC Paris 15 a décroché la toute première montée en Fédérale 2 de son histoire. Une double accession en deux ans qui aurait pu rassasier les Franciliens, mais c’était bien mal connaître l’appétit des Jaunards, qui ont refusé de couper le moteur après la fête :
8es de finale : mal embarqués face à Saint-Astier Neuvic, les Parisiens ont gardé la tête froide pour renverser la vapeur (24-16).
Quarts de finale : dans un autre duel à haute intensité, ils s’offrent avec autorité le scalp de Clichy (36-24).
Demi-finale : Opposés aux coriaces Haut-Garonnais de La Saudrune, les hommes de la capitale prennent d’abord le large avant de faire preuve d’un cœur énorme pour résister au retour adverse (28-23). Une épopée fantastique que plus rien ne semble pouvoir arrêter. Si ce n’est le CARF ?
Le contrecoup de la canicule : le grand défi de la récup’
Si la dynamique et la confiance sont maximales dans les rangs parisiens, le calendrier pourrait être leur plus grand rival. Contrairement à leur adversaire varois, les Jaunards ont dû batailler ce week-end pour valider leur ticket, la canicule ayant perturbé le calendrier des demies. C’est donc avec une semaine de récupération en moins et un combat plus proche de l’échance finale dans les jambes que Paris se présente à Tarare. Le supplément d’âme de cette équipe suffira-t-il à compenser la fatigue d’une saison marathon ? Que les hostilités commencent pour nous livrer réponse…














