Attachez bien vos ceintures, tout va aller très vite !
Le match
L’entame est parfaite dans l’implication pour les locaux, qui mettent une grosse pression en imposant leur rythme d’entrée. Sur une première action de grande classe, Labro s’échappe avant d’être finalement repris à deux mètres de la ligne nuitonne. C’est ensuite au tour de Bouniol d’intercepter le cuir, mais l’action n’ira pas au bout, sauvée de justesse par la défense du CSN qui a su se réorganiser à temps. On sent que les visiteurs sont à la rupture durant ce premier round et cette impression se confirme : le phénomène Casta, inarrêtable au relais des avants, force enfin le verrou adverse en franchissant la ligne (5-0, 11e).
Casta s’est montré décisif
Dans le sillage de son huit de devant qui prend le dessus, l’USL continue d’appuyer sur l’accélérateur. Le défi proposé est frontal et les ballons vite écartés vers le large mettent le feu dans la défense bourguignonne. Andreu sera à la conclusion d’un beau mouvement général que Faasen transforme (12-0, 15e). L’Isle semble avoir le match en main et va enfoncer le clou de la plus belle des manières. Labro, sur le dernier rideau, récupère une chandelle un peu longue et tape un petit par-dessus qu’il récupère avant de retrouver ses compères de la ligne arrière. Quelques passes plus loin, Bouisset en bout de ligne conclut un formidable essai que Faasen transforme (19-0, 20e). Le break est fait.
L’USL tient le ballon et prend le score rapidement
Toutefois, les visiteurs n’entendent pas en rester là. Les gros porteurs que sont Demangeot et Medana ne s’avouent pas vaincus et se montrent à leur avantage. Bénéficiant d’une pénaltouche parfaitement réalisée, c’est effectivement le troisième ligne centre Demangeot qui marque en bonne position le premier essai des siens, que R. Lombard transforme (19-7, 25e). Mais ce temps fort est de courte durée car, dans la foulée, Bouisset ajoute trois nouveaux points sur une pénalité des 45 mètres, juste avant que Bonnafous n’aplatisse un nouvel essai pour l’USL, pour porter la marque à 27-7 à la mi-temps.
Le capitaine visiteur Meunier et son équipe sont pris en tenaille
Tout en maîtrise, L’Isle-Jourdain s’offre un troisième quart de finale d’affilée
À la reprise, les Noir et Blanc, dos au mur, prennent les choses en main. Les avants bousculent les locaux et trouvent de l’avancée sur ballons portés. Malgré la défense acharnée de Bonacina ou encore de Bonnafous, le talonneur Vigot franchit la ligne et Lombard vise le poteau du milieu sur la transformation (27-14, 41e). Les Bourguignons reprennent espoir, mais il leur manque encore deux marques pour repasser devant au cumul des deux matchs.
Le CSN jette ses dernières forces dans la bataille
Bouisset, sur pénalité, se charge immédiatement de couper court aux velléités des visiteurs (30-14, 42e). Un peu plus tard, alors que le jeu se stabilisait au milieu du terrain, le magicien Labro sort de sa boîte en réalisant un grand numéro sur 40 mètres pour finir sa folle chevauchée entre les perches. Cet exploit personnel offre à nouveau une avance conséquente à l’USL (37-14, 52e). Et ce match allait encore faire vibrer le nombreux public par ses actions de classe, comme cette transversale parfaite de Bouisset pour Destarac, qui prend le dessus sur deux adversaires pour marquer… avant de partir l’an prochain du côté de Narbonne (44-14, 58e).
Nuits-Saint-Georges a la tête sous l’eau, mais fait face avec obstination à cette déferlante. Ces derniers vont d’ailleurs être récompensés de leurs efforts par l’ailier Motch, qui finit en terre promise une action initiée par ses avants. Dans un dernier baroud d’honneur, les « gros » du CS Nuiton parviennent à franchir pour la 4e fois l’en-but par Crepaud. Cependant, le sort de cette double confrontation était déjà scellé.
Un rude combat sans mauvais gestes
Car juste avant, Labro était à la conclusion de la dernière offensive des siens, en plantant une nouvelle banderille pour passer la barre des cinquante points (51-26, score final). On en restera là. L’excellent arbitre de champ Florian Capelle peut siffler la fin d’un match de grande qualité, plaisant à suivre pour tout le monde. En effet, il est important de souligner que cette rencontre s’est jouée dans un état d’esprit remarquable, sans accrochage, ni un seul carton de distribué.
Bravo aux deux équipes : Nuits-Saint-Georges peut se projeter fièrement sur la saison prochaine, tandis que l’USL continue sa route avec un rendez-vous important dimanche prochain avec la venue d’Annonay en quart de finale aller.
Les Noirs du CSN et leur centre Dessauny sont restés fidèles à leur ADN de jeu de mouvements, mais cela n’a pas suffit…
Les réactions :
Thomas Kohler entraineur du CS Nuiton :
Sur les deux matchs, c’est désolant de ne pas avoir enclenché dès le début. C’est un peu particulier, car la réaction chez nous en deuxième mi-temps nous avait fait plaisir et c’était une fierté d’avoir gagné ce match à domicile. On aurait voulu réitérer la performance ici, mais sur ce match retour, il n’y a pas eu photo. Ils sont davantage capables d’enchaîner deux gros matchs de suite que nous, ils possèdent une expérience collective bien plus importante que la nôtre. On aurait aimé que le score soit un peu moins lourd. On n’a pas su remettre la marche en avant comme la semaine dernière en seconde période. Le groupe est en évolution, on va continuer dans ce sens.
Paul Aygobère entraineur USL :
Le plus dur avait été fait la semaine dernière avec une grosse prestation loin de nos bases. Aujourd’hui, on s’était promis d’enfoncer le clou. C’était peut-être la dernière à la maison pour beaucoup, mais finalement, il y en aura une autre dimanche prochain où l’on recevra l’ogre de la Fédérale 1 : Annonay. On est super contents, on a livré un match plein, très costaud. On a été performants sur les turnovers et en défense, tout en restant très réalistes, comme lors du match aller. On va jouer notre troisième quart de finale consécutif, c’est une immense réussite pour le club. Rien ne nous fait peur désormais : tout peut arriver en phases finales !
Florian Meunier capitaine Nuiton :
On fait une première mi-temps comme au match aller en leur donnant beaucoup de points. On voulait rééditer l’exploit, malheureusement ça n’a pas suffi face à cette très belle équipe. On a peiné, même si on a jeté toutes nos forces dans la bataille. À l’aller, on produit beaucoup mais on se fait contrer trois fois, et on fait la même chose aujourd’hui. À l’arrivée, l’addition est lourde. Cela dit, on ne peut pas dire que la meilleure équipe n’a pas gagné, sur deux matchs, c’est la vérité du terrain qui a parlé. Bravo à eux et bonne continuation.
Olivier Argentin entraineur USL :
Après le match aller, on savait que la clé de cette rencontre se situerait au niveau du jeu. C’est une équipe portée sur l’offensive, qui joue énormément. On redoutait cet aspect et on voulait encaisser le moins de points possible, notre défense était donc primordiale. Finalement, nous les avons surpris, ils ne s’attendaient pas à ce que l’on propose une telle opposition offensive, et nous avons prouvé que nous avions, nous aussi, de gros atouts. On est très heureux du résultat. Le prochain match, face à ce qui est sans doute la meilleure équipe de Fédérale 1, s’annonce passionnant. On verra si l’on est capables de rééditer ce genre de performance.
Morgan Bouisset, ouvreur USL :
On réalise une très bonne entame en menant de trois essais après seulement 25 minutes. Ça redonne de la confiance. Au match aller, on avait connu des périodes difficiles, on avait pris la marée, donc on tenait à faire un match complet aujourd’hui. On a su fournir les efforts nécessaires et mettre la marche avant pour continuer à scorer. On a pu déployer notre jeu, comme on le fait durant la saison, et on s’est vraiment fait plaisir.
La feuille de match
A L’Isle-Jourdain (Stade Fernand Lapalu) – L’US L’Isloise bat Nuits-Saint-Georges 51 – 26 (mi-temps : 27-7)
Spectateurs : 800 environ
Arbitre : Florian Capelle, Alexandre Pujo Aizpruru, Khalid El Bakouri.