Court métrage (vidéo) : « Beau gosse », le film qui parle du rugby amateur
A 32 ans, Arthur Fanget, a repris une licence au RCPO (Rugby Club Pays d’Ozon) en Régionale 1, après avoir plusieurs fois écarté des terrains pour cause de blessure. Le jeune réalisateur lyonnais en a donc profité en novembre dernier, pour tourner un court métrage. Un film à retrouver dans le cadre du Nikon Film Festival, qui met en compétition chaque année des centaines de réalisateurs pros et amateurs. Nous vous avions présenté « la dernière étincelle » en 2024, qui évoquait déjà le ballon ovale. Finaliste l’an passé, Arthur présente cette fois « Beau gosse », qui raconte l’intégration d’un nouveau joueur dans un club, et toutes les émotions qui vont avec…


Reprise du jeu et du temps
Après quelques années d’arrêt à cause de blessures à répétition aux hanches, Arthur a malgré tout rechaussé les crampons : « j’ai repris au Rugby Club Pays d’Ozon, d’abord à 5, par un ami qui m’a initié au Touch, avant que le coach des seniors à 15 me recrute au cours d’un… barbecue. »
L’ailier ou centre participe ainsi à la montée du club rhodanien en Régionale 1, avec un superbe parcours en championnat de France, éliminé aux portes de la finale. Il souligne une super ambiance :« C’est la première fois en plus de 10 ans que je me sens aussi bien dans un club. Le Pays d’Ozon, c’est un petit club, mais avec des coachs, des joueurs, des bénévoles très soudés, et des sponsors toujours derrière nous. »
Il était évident que le rugby et le cinéma allaient se croiser un jour dans la tête du réalisateur, qui raconte : « Ce qui était assez drôle, c’est que mes coéquipiers ne savaient pas que j’étais réalisateur, et mes amis du cinéma ne savaient pas que je jouais au rugby. Et puis quand les potes du club l’ont su, j’ai eu droit à des « comment ça va Marc Dorcel » ou des trucs du genre. Le chambrage est de mise on le sait, toutes les excuses sont bonnes. Alors je me suis dit, pourquoi pas en faire un sujet de film, sur les fameuses valeurs, sur l’intégration d’un nouveau, sur l’amitié, et donc le chambrage. »
Restait à trouver un acteur pour incarner ce rôle. Et quoi de mieux qu’un coéquipier pour être ce joueur : « Au club, j’en avais repéré un qui avait le profil idéal pour représenter tout ça. Il s’appelle Ismaël, pilier de la B, un peu en surpoids, mais qui donne tout sur le terrain. Il n’avait jamais vu une caméra de sa vie. Aussi, quand je lui ai proposé le rôle, il a naturellement… refusé. Avant de changer d’avis. »


Contraintes et émotions fortes
Sauf que le futur héros du film s’est fait le genou à l’entraînement deux jours avant le début du tournage : « On a donc modifié un peu le scénario, on a du faire semblant sur toutes les scènes de mêlée et de percussion, pour cacher son attelle. » Un impondérable pouvait en cacher un autre, et diriger les autres membre de l’équipe ne s’annonçait pas si évident non plus :
« On nous prêtait la caméra pendant 3 jours, mais on a été prévenus au dernier moment. Donc vas prévenir ton président et tes potes que tu vas les filmer à l’entrainement du jeudi et pendant le match du dimanche, et qu’en plus, t’as besoin de volontaires pour se les geler pendant 8 heures le vendredi soir entre les deux pour tourner des scènes supplémentaires ! » (rires)


Heureusement une dizaine de gars ont répondu présents : « Après quelques bières, on a bien rigolé à les faire jouer, chanter pour de faux et sortir des vannes graveleuses jusque tard le vendredi soir. » Le dimanche a été encore plus drôle quand les adversaires d’en face ont vu les projecteurs et les caméras partout en bord de terrain. Arthur endossait ce jour-là le costume de réalisateur et de joueur : « Oui, je réalisais le film en même temps que je doublais pour jouer tout le match en B et un peu en Une. Une belle expérience encore ! »
D’autant plus que le scénario de chaque match s’est prêté à capter de belles émotions : « On a gagné avec les deux équipes, grâce à un essai marqué à la dernière seconde en plus. Je crois que mes collègues du cinéma ne sont pas prêts d’oublier ce tournage. Surtout un qui s’est pris un KO sur un dégagement du 10 à l’échauffement. Notre ouvreur va sûrement avoir un nouveau surnom grâce à son fameux coup de tatane ! »
Un tournage mémorable pour un film qui fleure bon le rugby amateur. Que nous vous proposons de découvrir ici

















