Billet d’humeur Coupe du Monde féminine 2025 : larmes fatales pour les Bleues

Que d’émotions pendant cette Marseillaise samedi dernier pour cette demi-finale de coupe du monde Que de chaudes et belles larmes. Trop peut-être ?  Car si elles prouvent la passion et l’amour du maillot, elles trahissent parfois un trop plein, une adrénaline mal canalisée. Larmes fatales donc Bon d’accord, la référence aux films d’actions des années 90 a déjà été utilisée. Mais qu’il est frustrant de savoir à l’avance un scénario, surtout quand il se répète depuis si longtemps, et encore plus quand on en connaît la fin. On vous avait « spoilé » il y a un mois…

Coupe du Monde féminine 2025 : larmes fatales pour les Bleues

Comme un jour sans fin

Nos bleues ont bien traversé les matchs de poule sans encombre, face à des adversaires pas ou si peu, au niveau. Elles ont ensuite cravaché en quart, pour venir à bout de la 5ème nation mondiale, la seule qui les suit avec des arguments dignes de ce nom. Cette Irlande qui, si elle s’était imposée, n’aurait pas volée sa qualification. La solidarité et l’envie de nos Bleues ont fait basculer la rencontre in-extrémis : des qualités remarquables, admirables même, mais qui ne peuvent masquer une conquête défaillante, et de trop nombreuses maladresses ou approximations.

Contre ces Red Roses aux épines moins piquantes qu’à l’accoutumée, les Françaises ont mis les ingrédients nécessaires pour exister, coller au score, garder espoir jusqu’à l’heure de jeu, mais ont encore montré les mêmes carences, en plus d’un  terrible manque de réalisme. L’arme fatale de plus, à ce stade de la compétition.

Avoir la possession du ballon, ne veut pas dire dominer, ni marquer, la preuve. Les coéquipières de Pauline Bourdon-Sansus, capitaine exemplaire encore, étaient dans l’obligation de jouer un match parfait pour éviter une 17ème défaite consécutive face à leurs rivales d’outre manche. Elles n’ont pas manqué d’envie, mais peut-être qu’elles ont manqué d’une autre Feleu, d’une Grisez, d’une Bigot, ou d’une Romane Ménager, voire d’une Berthoumieu, punie logiquement pour avoir été trop… incisive.

L’exemple canadien 

Les copines d’Hannah Botterman, elles, sûres de leurs forces, techniques et physiques, ont marqué dès que l’occasion s’est présentée. Leur banc était plus consistant, leur maîtrise globale aura été supérieure, leur vice aussi, notamment pour ralentir le jeu, et jouer à la limite. L’arbitrage maison a été parfois complaisant certes, mais pas décisif pour autant. Ce n’est faire injure à personne que d’affirmer qu’il reste encore un niveau d’écart entre deux nations, qui a priori, ne luttent pas à armes égales.
Les Anglaises, deux fois titrées en 1994 et 2014, sont aussi six fois… vice-championnes du monde (91, 2002, 2006, 2010, 2017, et 2021). Avant qu’elles ne soient vraiment « professionnelles » donc. L’argent ne fait donc pas tout, pas dans le rugby féminin en tout cas. Pour preuve, les Canadiennes ont encore fait un appel aux dons pour financer leur long séjour de de cette édition 2025. Et les voici brillantes finalistes, en attendant peut-être de décrocher le titre suprême. Les Anglaises peuvent redouter de les avoir sur « l’érable ».
Ne nous cachons pas uniquement derrière l’argument financier, sinon le XV de France aurait été champion du monde en 2023. Ne nous cachons pas derrière l’arbitrage non plus, sinon, nous ne serions que de mauvais perdants permanents. Notre élite hexagonale, ramenée à dix clubs désormais, a pour objectif d’extraire et « protéger » nos meilleures joueuses. Canal + d’en offrir plus de visibilité, et d’attirer les gros sponsors, en plus de la foule des grands jours, régulièrement. Le professionnalisme total du rugby féminin ne doit pas être une finalité absolue, car il n’est pas et ne sera peut-être jamais d’actualité. En revanche, l’exigence et les compétences réunies, d’un staff et des sélectionnées, tournées vers un objectif unique, seront un gage de réussite, tôt ou tard. Sinon, ce sera alors, et pour longtemps encore, l’alarme fatale. Et comme Danny Glover, on dira qu’on sera trop vieux pour ces conneries…

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