FFR : une baisse de 30% des licenciés ?

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Il n’y a pas que dans la hiérarchie mondiale que le rugby français perd des places, (entre la 8ème et la 9ème place). Au nombre de licenciés aussi, le rugby occupe une 8ème place méconnue, au coude à coude avec la natation et l’athlétisme. Les déclarations du président de la FFR hier, ne sont pas faites pour nous rendre optimistes…On nous aurait menti ?

Car au delà des critiques globales sur le fonctionnement du rugby français, c’est bien nombre de licenciés qui est aussi pointé du doigt par Bernard Laporte qui s’est exprimé hier dans les colonnes du Parisien : “On se targue d’avoir 450 000 licenciés depuis bien longtemps, or, c’est faux. Il y en a 320 000. Ce n’est pas la même chose. Ensuite, on a une perte de 16 000 gamins à l’école de rugby depuis 2012. Ce n’est pas possible ! 

En 2015, la FFR officialisait pourtant une légère hausse de 4% soit 438 144 licenciés. En 2016, on nous avançait un chiffre proche des 450 000. Il s’agissait donc d’une … “erreur” ?

Bernard Laporte ne pouvait s’empêcher de constater, plus que de justifier : “Cela veut dire qu’on a un manque de notoriété, un manque de proximité avec les scolaires. Il faut donc pénétrer tout ça. Parce que, si on attend dans nos clubs, on va attendre longtemps. Il faut communiquer, aller se présenter. On doit devenir des agents commerciaux. On doit vendre notre sport.

Au passage, le président de la FFR envoyait un message clair :”Il faut aussi une équipe de France qui gagne. Parce que c’est la vitrine. Tout est lié. En attendant, si on continue à perdre des licenciés, cela signifiera que notre sport n’est plus reconnu. Le travail de recrutement dans les écoles n’a jamais été fait. On va le faire. Donc je suis très optimiste. Mais il est temps !” 

Il est temps de se tourner vers les écoles et propose le touche rugby, voire le rugby à 5, si chers aux nations du sud, dont on vante leurs dextérités ballon en mains. Redonnons au rugby à XV ses lettres de noblesse, ses essais du bout du monde qui nous ont fait vibrer. Laissons nos meilleurs jeunes s’exprimer au plus haut niveau dès qu’ils en sont capables. Laissons le rugby amateur être le vivier extraordinaire qu’il a toujours été. Bref, donnons envie à nos minots de jouer à ce sport magique, au lieu de faire peur à leurs mamans qui n’entendent que le mot violence et protocole commotion ! Enfin, on dit ça…

statts sports licenciés
Chiffres novembre 2016 récoltés auprès des fédérations françaises par les Héros du sport (illustrations freepik)

 

5 Commentaires

  1. Quand un club se permet d’augmenter sa cotisation de 33% (enfant en m-12)d’une saison sur l’autre, ça ne donne pas envie de continuer, d’y mettre les frères et sœurs ou encore d’envoyer Les copains. Quel dommage !!!

  2. Le rugby est vu comme un sport traumatisant pour les organismes et à raison, il est là le point noir du recrutement, d’autant plus que le rugby vit une évolution à l’envers dans le paysage des sports co français.
    Hors cas spécifique du foot qui a connu une professionnalisation précoce et un relatif bon niveau français à l’international depuis les années 70.
    Les autres sports co ont tous été en retard par rapport au rugby, avec une EDF forte et reconnu à l’international mais avec aussi la structuration vers les années 90 d’une ligue professionnelle attractive.

    Hors depuis peu les autres sports co sortent de leur torpeur bien aidés en cela par une montée en puissance des résultats de leurs équipes de France respectives.
    Le volley-ball renaît doucement sur le territoire avec en plus une étiquette de sport cool portée par une EDF un peu fofolle, le basket à plus ou moins capitalisé sur la génération Parker et le rêve de nba des jeunes avec des résultats honorables des sélections masculines et féminines nationales.

    Mais le vrais concurrent du rugby (le volley et le basket étant le second et troisième sport co mondial donc hors catégorie) est lui en pleine bourre, c-a-d le handball qui a pour lui d’être vu comme un sport de contact mais sans la dangerosité du rugby et aux règles plus simple qui se rapprochent du basket et du foot les deux sports co rois, avec une équipe de France masculine perçu comme la plus forte équipes de tous les temps.
    Le handball à en plus pour lui le fait d’être vu à tord ou à raison comme plus ouvert aux filles et qui se traduit par des résultats aux plus haut niveau, ce qui est aussi le cas de plus en plus des autres sports cités plus haut, le basket à une EDF qui a été vice championne olympique, championne d’Europe etc…, le handball à une équipe vive championne olympique et championne du monde, le foot féminin n’a pas de palmarès mais à pour lui un des meilleurs championnat féminin à l’échelle mondiale.
    La France vit un âge d’or sportif depuis le début du XIXème siècle mais paradoxalement le rugby semble ne pas réussir à en profiter pleinement et cela se voit en nombre de licencier mais aussi en terme de résultats que ce soit au niveau national ou international.

    Avec cela se rajoute aussi la renaissance du foot et un regain d’amour du public pour son équipe nationale d’autant plus que depuis les attentats de novembre 2015, l’edf est liée à un moment de tragédie et de communion nationale, il est loin le temps de 2007 ou le rugby semblait capable de devenir le second sport co dans le coeur des français aidé en cela par une belle coup du monde, depuis le paysage du rugby francais n’a fait que se détériorer.

    • Voici un témoignage “d’extérieur” puisque je ne suis pas du monde du rugby.
      Avec sa maman, on a voulu que mon fils commence un sport co. Sur notre ville, c’était (foot), rugby ou hand. On avait écarté le volley, que j’aime bien, mais je considère comme un sport à débuter plus tard pour éviter les frustrations d’enfance. Sachant que les équipes fanion du rugby et du hand évoluent en pro toutes les deux. Le foot c’était niet pour une question de valeurs. En plus j’aime pas le foot sportivement parlant. Entre le rugby et le hand, je préférais sportivement le hand de loin, et on préfère toujours accompagner un enfant à un sport qu’on aime voir, plutôt que l’inverse.
      Voici les autres raisons qui font que le hand a des avantages sur le rugby (et je précise qu’un copain de mon fils est lui… à l’école de rugby et qu’on a donc eu des exemples vécus) :
      – en tant que parent, en hiver, tu préfères être au bord d’un terrain boueux, sous la pluie, dans le froid ? Ou à l’abri dans un gymnase (plus ou moins) chauffé ? Et accessoirement, pour ton enfant, tu préfères quoi ? Avec le corollaire des tenues à laver…
      – c’est un sport “qui gagne”, notamment par ses EdF (masculines 6 étoiles et féminines 2 étoiles, on parle même pas des équipes jeunes), et ça ça parle beaucoup aux gamin(e)s, les histoires de champion(ne)s du monde
      – c’est un sport qui va vite, parfois trop et je comprends même que certains soient rebutés par le déluge de buts et le côté va et vient d’un bout à l’autre du terrain (mais ça fait partie du jeu d’empêcher les contre-attaques aussi !). A l’opposé, le rugby apparait comme un sport lent et laborieux, comme tous les sports gagne-terrain. Mais bon, les goûts et les couleurs… mais les enfants vont naturellement vers les jeux “vifs”.
      – c’est relativement mixte, au hand le ratio est 1/3 filles (comme le basket). Dans les sports co principaux, à part le volley qui est à parité (voire un peu plus féminin que masculin), seuls hand et basket peuvent encore parler de mixité. Le foot est à moins de 10% de filles, le rugby moins de 5%…
      – enfin, la régionalité joue encore un peu, et le rugby reste “ancré” dans le sud-ouest, un peu moins fréquent ailleurs. Donc quand on vit “ailleurs”, on est moins dans un environnement baigné de culture rugballistique…
      Je lache un peu le morceau : à l’edr de ma ville, il y a apparemment pas mal d’enfants que les parents ont inscrit “pour l’instant”, pour qu’ils se défoulent, mais qui n’ont pas l’intention de les pousser à continuer ensuite, quand les choses se corsent. Au hand, ou chez les amis du volley, c’est plutôt dans une optique de continuer tant que l’enfant voudra. Typiquement quand les choses se corsent au hand (et que les pubertés différées entre joueurs de la même catégorie d’âge commencent à creuser des écarts de gabarits), il y a une équipe 1 de costauds pubères et une équipe 2 de gringalets pré-pubères : c’est l’avantage d’un sport où on peut faire des petites équipes.
      – je ne connais pas bien le rugby, mais par rapport au foot : au hand les changements sont illimités pendant le match, normalement tout le monde a du temps de jeu, et en petite catégorie si on a 2 gardiens on essaie de faire jouer les 2. Pas d’enfants qui “cirent le banc”…

  3. Mes enfants jouent au rugby depuis l’âge de 6 ans ! Aujourd’hui, à 15 et 16 ans, ils ne sont plus les bienvenus sur le terrain car “pas assez professionnel !” dixit l’entraîneur !
    Si on reconsidérait les enfants comme des enfants souhaitant juste venir “jouer avec les copains ou copines”, juste se faire plaisir sur un terrain tout en apprenant… et moins comme des “bêtes à gagner” au nom du club !!!
    Je vous laisse compléter le reste de la phrase !

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