Du côté des pros : Yannick Bru (Aviron Bayonnais)

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L’invité de la semaine est Yannick Bru, nouveau manager de Bayonne en charge du sportif. Il nous explique son choix et ses volontés pour le club dans un futur proche…

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Une histoire d‘amitié entre Philippe Tayeb et l‘ancien talonneur est à l‘origine de sa venue. (crédit : L’équipe)

Comment se passe cette reprise avec l‘Aviron Bayonnais?
Cela se passe de manière normale, sérieuse et rigoureuse. Avec Ludovic Loustau (Préparateur physique) et l‘ensemble du staff, on a décidé, dès les premiers jours, de mêler le travail physique avec le rugby. On fait des programmes complets, denses, et c‘est surtout sérieux.

Personnellement, quel est votre rôle pendant cette préparation?
J‘organise la semaine d’entraînement conjointement avec le staff. J‘interviens aussi sur le terrain sur certaines séances parce que je ne suis pas un manager en costume. J‘anime aussi certaines séances. Je coordonne, l‘activité de toutes les personnes du staff qui sont nombreux avec Vincent Etcheto, Joel Rey, Eric Artiguste, Ludovic Loustau qui supervise la prépa physique et qui coordonne lui aussi son équipe avec Charles Ducamp, Arnaud Baratchart et Jean Philippe Bonrepaux. J‘ai souhaité avoir un staff dense avec beaucoup d‘expertise pour que les joueurs soient bien entourés . C‘est pour moi la base de la construction d‘un projet. Je souhaitais avoir des fondations solides, que ce soit sur le staff mais aussi sur les structures d’entraînement puisque nous avons fait un peu évoluer nos installations. Je pense que l‘on a des fondations solides mais il faut animer tout ça, coordonner tout ça et c‘est mon rôle.

L‘effectif a été annoncé complet il y a quelques jours, est-ce que vous êtes satisfaits?
Satisfait oui puisque j‘ai participé à sa construction. On aura un effectif très compétitif, je ne vais pas revenir sur les contraintes que nous avions mais on va être très compétitif.

On a vu des joueurs arriver en prêt, ce qui ne se faisait pas forcément il y a quelques années, c‘est une bonne solution pour les clubs de ProD2 mais aussi pour les jeunes joueurs…
Non seulement c‘est une bonne chose mais c‘est surtout une chose indispensable. Aujourd‘hui, la ProD2 doit être le terrain de jeu des jeunes potentiels français. Cela doit être ça et dans ce cadre là, le prêt permet à certains grands clubs de donner à certains potentiels la possibilité de s’aguerrir au niveau en dessous. C‘est ce que nous avons fait avec Tristan Tedder, Maxime Marty et Luc Mousset. C‘est très cohérent et c‘est une très bonne mesure qu‘il faut exploiter à fond.

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Il va recroiser Jeff Dubois cette saison puisque le peyrehoradais a signé à Montauban en ProD2. (crédit : Sud Ouest)

Au niveau professionnel, il y a plus de départs que d‘arrivées dans un championnat de ProD2 qui est très long, est-ce que cela ne vous fait pas peur ?
Vous me l‘apprenez. On a essayé de bâtir un effectif complet, complémentaire, cohérent en s‘appuyant sur la formation bayonnaise. Il faut aussi tenir compte des engagements du passé, certains choix ont été fait que je n‘aurai pas fait mais j‘en étais conscient avant de venir. On a bâti cette équipe avec nos moyens et je pense qu‘elle sera compétitive la saison prochaine. Je dis ça aussi avec beaucoup d‘humilité, la ProD2 sera aussi une découverte pour moi.

Un effectif qui semble encore plus jeune que les années précédentes, cela va être ça la marque bayonnaise?
Comme je l‘ai dit, la Prod2 doit permettre aux jeunes qui ont du potentiel de jouer. Bayonne a de la chance de s‘appuyer sur une très bonne formation. Si on ne fait pas jouer les jeunes du club quand on est 8ème de Prod2 alors quand est-ce qu‘on les fait jouer? C‘est cohérent. On ne pourra pas faire jouer tous les jeunes, je ne suis pas un doux rêveur mais on va s‘appuyer sur la formation bayonnaise. D‘abord parce qu‘elle est de qualité mais aussi parce que l‘on a terminé 8ème de ProD2, c‘est légitime et cohérent de s‘appuyer sur les jeunes du club.

Pour continuer là dessus, parler formation, s‘appuyer sur les jeunes, est-ce que c‘est encore viable quand on connait les règlements sur les JIFF avec des jeunes qui partent de plus en plus tôt?
Sans me projeter sur une réflexion philosophique, c‘est une nécessité pour l‘aviron bayonnais. Compte tenu de notre modèle économique, compte tenu de la place qu‘occupe l‘Aviron Bayonnais dans la formation rugbystique au pays basque, on doit s‘appuyer sur ce vivier de joueurs. Pour nous, c‘est un enjeu majeur, c‘est un modèle qui est indispensable.

L‘agitation autour du club, cette fin de saison mais quasi toutes les précédentes aussi, est-ce que ça freine des joueurs pour signer ?
Oui, évidemment. Moi, le message que j‘ai passé, c‘est qu‘on devait être centré, joueurs et staff, sur l‘avenir, sur ce qu‘on veut qu‘il se passe. Il ne faut plus penser à ce qui a pu arriver dans le passé. L‘important pour nous est ce que l‘on fait aujourd‘hui, demain, après demain pour construire la compétitivité de l‘Aviron Bayonnais, il n‘y a que ça qui nous occupe. C‘est le message que j‘ai donné à tous ceux qui nous ont rejoint, et c‘est pour ça que je n‘ai pas envie de parler du passé.

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Un passé de joueur qui impose aussi le respect dans un vestiaire

Vous avez été interpellés par quelques supporters sur les réseaux sociaux, quand on a votre bouteille, ça passe au dessus…
Franchement, vous me l’apprenez. Vous savez, j‘ai connu de très belles années au Stade Toulousain mais j‘ai aussi connu la difficulté au niveau international. C‘est un milieu ultra concurrentiel et très compliqué donc, la pression la plus importante, c‘est celle que je me mets personnellement et elle ne vient pas des réseaux sociaux.

Yannick Bru à Bayonne, en proD2, ça peut sembler bizarre quand on connait votre carrière, pourquoi ce choix ?
Déjà parce que la vie professionnelle est faite de challenge. J‘ai toujours été plus motivé par un bon challenge que par mon égo. J‘ai fait 5 ans au Stade Toulousain, c‘était une très belle expérience. J‘ai ensuite fait 5 ans au niveau international et là je part sur un autre challenge avec un nouveau job de patron du sportif. C‘est en plus à Bayonne, terre de rugby, entouré de beaucoup de passion avec un modèle à construire. Je trouve que c‘est naturel, cohérent par rapport à mes deux premières expériences. Je suis très motivé, très impliqué et très excité par ce nouveau challenge. Cela ne veut pas forcément dire que ça va réussir mais ça veut dire que je vais mette beaucoup d‘énergie là dedans. Je suis là pour au moins 3 ans, pour construire un modèle avec ma façon de faire.

Travailler avec des amis, notamment à la tête du club, est-ce que cela peut faire bon ménage?
Je pense que c‘est mieux que de travailler avec des ennemis… C‘est dans la logique des choses, quelque soit le milieu professionnel, en entreprise ou dans le sport, donnez moi une organisation où les gens ne choisissent pas de collaborer avec des proches? C‘est vrai partout, c‘est une certitude que si ce n‘était pas Philippe Tayeb qui m‘avait sollicité, je ne serai peut être pas là.

Le début de saison va être très important pour se mettre tout le monde dans la poche, est-ce que c‘est une donnée importante pour vous ?
Le début de saison sera la conséquence de tout ce que l‘on fait depuis le 4 juin. On va être centré sur ce que l‘on veut qu‘il se passe, c‘est pour cela que l‘on travaille dur tous les jours.

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