Du côté des pros : Bastien Fuster (Aviron Bayonnais)

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L’invité de cette semaine est Bastien Fuster, l’ailier bayonnais qui marche sur l’eau depuis plusieurs semaines. On revient avec lui aussi sur les deux semaines passées sous les couleurs de la sélection espagnole…

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Fuster, un joueur qui ne se prend plus la tête avec des choses qu’il ne contrôle pas. (crédit : AB Rugby)

Petit retour en arrière, comment se sont passées ces deux semaines avec l‘équipe d‘Espagne et tes deux premiers matchs?

J‘avais déjà fait un stage en octobre ou novembre mais sans match. Là, c‘est différent, comme nous l‘a dit le manager, c‘était sans doute les deux matchs les plus importants de l‘histoire du rugby espagnol à XV. Il y avait un peu de pression mais surtout beaucoup d’enthousiasme d‘avoir l‘espoir de se qualifier pour la coupe du monde.

Vous avez fait un grand pas vers la coupe du monde avec ce classement calculé sur les deux années du tournoi des 6 nations B, qu‘est ce qui vous reste à faire ?

En gros, il faut que l‘on prenne 9 points sur les matchs contre l‘Allemagne et la Belgique pour être sûr que la Roumanie ne nous passe pas devant (ndlr : la Géorgie est déjà qualifiée et les matchs contre cette équipe ne comptent pas). C‘est bien sûr faisable (les deux équipes sont en bas du classement) mais ce n‘est pas encore fait. On a fait le plus dur en gagnant en Russie et à domicile contre la Roumanie sans leur laisser le bonus. C‘est un gros pas de fait, il va falloir maintenant enfoncer le clou pour valider tout ce bon travail.

Comment s‘est fait cette approche avec la sélection sachant que certains joueurs y sont depuis longtemps?

C‘est Jean-Michel Aguirre qui fait le pont entre les franco-espagnols qui peuvent pré- tendre à la sélection espagnole. Il s‘est rapproché de moi pour savoir si je voulais faire parti de l‘aventure et je n‘ai pas hésité une seule seconde. Je n‘ai pas eu beaucoup de temps de jeu sur ces deux rencontres puisque ça se résume à 5 minutes! Le sélectionneur m‘a expliqué qu‘il voulait s‘appuyer sur des joueurs qu‘il connaissait parfaitement et qui connaissent parfaitement le jeu pratiqué pour ces deux matchs très importants. Il m‘a dit qu‘il comptait vraiment sur moi pour les prochains matchs.

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Il avait connu des sélections avec les U20 français et il est en passe de jouer une coupe du monde avec l‘Espagne. (crédit : Gallo Images/Getty Images Europe)

Certains commencent à montrer du doigt cette équipe avec beaucoup de franco-espagnol, comment tu le vis ?

Si on est dans cette équipe, c‘est que l‘on a droit d‘y être! Le sentiment est double car les gens sont un peu déçus qu‘il n‘y ait pas une équipe avec des joueurs 100% espagnols mais ils sont conscients que ça permet de relever le niveau de l‘équipe avec en plus une potentielle qualification pour une coupe du monde. Si on veut voir le verre a moitié plein, cela peut aussi permettre d‘avoir un énorme boom au niveau des licenciés si jamais vous arrivez à faire une coupe du monde … Je l‘espère en tout cas. Ce serait très bien pour le rugby espagnol, ce sport ne demande qu‘à exploser, les gens sont en demande et jouer une coupe du monde lancerait parfaitement le développement dans ce pays.

Comment était l‘ambiance autour de l‘équipe, que ce soit avant ou après la victoire ?

C‘était tout simplement la folie! En plus, le fait d‘avoir d‘abord gagné en Russie, tout était redevenu possible! On a ressenti une ferveur derrière cette équipe qui était incroyable. On sentait les gens derrière nous, les médias aussi, on avait tout un pays derrière nous. Le jour du match, c‘était plein à craquer, il y avait 16 000 personnes il me semble. A la fin du match, on a du mettre 45 minutes voire même une heure pour rentrer aux vestiaires tellement les gens voulaient faire des photos. C‘était énorme, je n‘avais pas vécu un match comme cela, c‘était la folie. Chaque bonne action, ça criait vraiment fort, ça soutenait quand on avait un peu plus de mal.

Est ce qu‘il y a encore quelques semaines, tu pouvais rêver de participer à une coupe du monde?

C‘est forcément un rêve quand on joue au rugby. C‘était dans la tête mais j‘ai essayé de ne pas trop y penser parce qu‘il y avait encore pas mal de marches à franchir. Plus on se rapproche, plus on y pense et pardon pour le vocabulaire mais c‘est vraiment bandant! Revenons au match de vendredi soir avec Bayonne avec une excellente première mi-temps, cela doit être une satisfaction… Une satisfaction, oui car on a pris des branlés cette saison et être à 40 et quelques à 7 à la pause, ça fait vraiment du bien. Il faut retenir les 5 points pris sur cette rencontre car c‘était important. On a encore des manques dans la manière avec une deuxième mi-temps très brouillonne, il y a beaucoup de choses à bosser mais on est quand même satisfait. On est sur une dynamique positive depuis plusieurs semaines, il faut que l‘on accumule de la confiance pour la suite.

Cette deuxième mi-temps, toi qui es sur le terrain, tu l‘expliques comment, physique ou mental ?

Sûrement un peu des deux. Je n‘irai pas jusqu’à parler de suffisance car on sait d‘où on vient mais on n‘a pas mis les ingrédients. Il faut aussi respecter cette équipe de Carcassonne qui a tout donné et qui n‘a rien lâché. Inconsciemment, vu la marge que nous avions, je pense que l‘on s‘est un peu relâché. Les passes improbables que l‘on réussissait en 1ère mi-temps ne passaient plus, on n‘a pas su revenir sur les bases, on s‘est un peu emballé alors qu‘il aurait fallu rester pragmatique. On apprend de nos erreurs, il faudra l‘avoir dans la tête.

Est-ce que tu penses cette équipe capable d‘être constante sur 80 minutes car il faudra forcément y arriver pour espérer une fin de saison heureuse ?

On est en phase de le devenir en tout cas. On est de plus en plus constant même si on ne l‘a pas fait pendant 80 minutes. J‘espère que cela se fera à Béziers avec un match qui s‘annonce comme un 8ème de finale. Il faut que l‘on fasse un match plein, concentré, attentif pendant 80 minutes si on veut obtenir quelque chose.

Personnellement, en terme de statistiques, tu fais ta meilleure saison, comment est-ce que tu te sens?

Je me sens bien voire même très bien! Je ne sais pas si c‘est grâce à les études, mon entourage, ma copine mais c‘est vrai que tout va bien. J‘ai décidé de ne plus me prendre la tête avec des choses que je ne contrôle pas à savoir les choix du coach, les choix du club etc etc. Je me concentre sur ce que moi je contrôle à savoir mes entraînements, mon hygiène de vie et mes performances sur le terrain. Pour le moment, ça marche plutôt bien.

Il y a le fait aussi que tu enchaînes les titularisations et surtout au même poste, est-ce que tu penses pas que ça joue?

Honnêtement, ce n‘est pas une question de poste. Après, il est vrai que je me sens utile dans le groupe et je sens que le coach compte sur moi. C‘est une différence énorme de pouvoir enchaîner les matchs par rapport à jouer 5 minutes et devoir prouver sur un ou deux ballons. Avoir de la confiance, pour n‘importe quel joueur, c‘est génial, ça permet de jouer beaucoup plus libéré. Comment es-tu contractuellement, seras-tu bayonnais la saison prochaine? Ah, très bonne question! Je suis en fin de contrat, il y a des discussions en cours mais je ne peux pas en dire plus car je ne sais pas moi même !

Je t‘ai vu en début de saison du côté d‘Hendaye qui jouait contre Niort, ton club formateur, c‘est important pour toi de garder cette attache?

Bien sûr, j‘ai encore mon père et ma mère au club. J‘ai beaucoup d‘amis qui y jouent, mes anciens coach sont toujours au club. Dès que je rentre à Niort, je vais les voir jouer, je vais aussi aux entraînements de jeunes donner quelques conseils. C‘est ma famille, c‘est très important de garder les valeurs, c‘est primordial.

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