Home A la Une Sélection CBL U18 : direction le 6 nations

Sélection CBL U18 : direction le 6 nations

0

Il n’y a pas que des titres en clubs dans cette période de phases finales il y aussi la sélection du comité côte basque Landes U18 qui a brillamment remporté le tournoi de l’amicale du tournoi des 6 nations à Paris. Rencontre avec le manager (Ben Ali Belkacem de l’ASB) et les entraîneurs de cette équipe Christophe Quittic (Saint Jean de Luz) et Alexandre Yriarte (Hendaye)…

CBL  18
Ben Ali Belkacem, Alexandre Yriarte et Christophe Quittic nous racontent. (crédit : Rugby Amateur)

Nous voici avec le staff du comité CLB -18 qui a gagné le tournoi amical du tournoi des VI nations après une qualification quasi parfaite à Bordeaux, plus une bonne nouvelle ce week-end à Paris, comment s’est passé ce week-end ?
Ben Ali Belkacem : Le week-end s’est très bien passé. On finit champion du secteur Aquitain et nous sommes montés à Paris rencontrer, pour les phases finales du championnat de France : le comité Côte d’Azur, le comité Pays Catalan et le comité d’Auvergne. Trois matchs, deux victoires et une défaite qui nous permettent donc d’être champions de France.
Christophe Quittic : On a effectivement très bien vécu ce week-end mais comme on vit depuis le mois d’Octobre. Former une sélection n’est jamais facile, c’est un puzzle au départ où il faut assembler tout le monde. Au-delà de trouver les bons joueurs, il a fallu trouver un bon équilibre et ça a roulé.

Une seule défaite, c’est aussi un signe que la formation CBL fonctionne bien ?
Alexandre Yriarte : C’est le résultat d’un an de travail où on a eu la chance au comité d’avoir une bonne préparation et un gros brassage sur environs 80 joueurs au départ. On a réussi à en sortir 26, plus 9 de Tyrosse qui se sont qualifiés pour le quart de finale du championnat de France et qui n’ont donc pas pu être avec nous à la fin. On a quand même réussi à avoir un groupe très intéressant de par la valeur humaine et de par le talent. Donc oui je pense que la formation est en très bonne voie.
C.Q : Lors du second stage à Peyrehorade, on a vu un groupe se créer, un groupe qui vivait bien. Ils ont commencé à se mélanger, à se faire des clins d’œil sur le terrain. On s’est dit à ce moment-là qu’il y avait vraiment quelque chose à faire. Le comité nous a aussi mis dans de super dispositions, et les clubs ont joué le jeu. Ça n’a pas toujours été le cas les années précédentes. Aujourd’hui, ça a donné le résultat que l’on connait.

Est-ce que vous avez vu de grosses différences par rapport aux autres comités, sur le jeu par exemple, vous sentiez que vous ne pratiquiez pas le même rugby que les autres ?
B.B : Que ce soit face à Bordeaux, ou à Paris, on marque des essais construits aux ailes. C’est propre au comité CBL, qui a cette politique sportive. Les clubs travaillent comme ils veulent mais la donnée primordiale au comité est que, dans nos rangs, il n’y a pas de grands costauds. On a des garçons vaillants, rapides et volontaires. La plupart des oppositions l’ont montrées, on n’a pas les mêmes gabarits mais on a une faculté à déplacer le jeu qui explique le nombre d’essais marqués par les ailiers.
C.Q : On arrive quand même à rivaliser avec toutes les équipes devant. Le jeu d’avant n’est finalement pas dû à des centimètres ou du poids mais surtout à du mental et de l’organisation. On l’a vu face au Pays Catalan qui était arrivé avec beaucoup d’ambitions et de prétention à mon goût, et on les a mangé.
A.Y : Ils nous ont même complimenté et nous disent à la fin : « votre touche est indéfendable », « vos ¾ on ne sait pas comment leur passer devant ». On était prêts et je pense qu’ils ont été surpris du niveau.

Vous avez l’habitude d’avoir des équipes en mains. Est-ce que l’approche est différente quand on a des enfants que l’on voit que 4 fois dans l’année ? comment préparer ces rencontres-là ?
A.Y : Il faut d’abord travailler sur la précision du geste. On a beaucoup travaillé sur les combinaisons en première main où on a marqué plusieurs fois. La touche avait un système d’attaque et de défense qui nous permettait plusieurs sorties et possibilités. On travaille beaucoup plus sur la précision que sur l’humain. Une saison complète est plus axée sur la gestion de l’humain mais là c’est plus de la technique et de la stratégie. Le temps de jeu à Bordeaux nous a fait bosser stratégiquement car c’était des temps très particuliers (2 x 10min). On réussit justement là-dessus en travaillant avec un groupe qui s’adaptait à ces temps de jeu. A Paris on avait un autre groupe qui s’adapte très bien malgré des absents, toujours grâce au travail de précision.
C.Q : il n’y a pas d’érosion dans le discours. En club, a un moment donné les joueurs écoutent à moitié, là ils écoutent et pompent tout. En plus, cette année, on a eu la chance d’avoir un groupe qui adhérait à nos idées. Le comité impose un cadre, on joue comme des basques et des landais et que ça dure.

CBL  18 champion
L‘équipe et le staff posent avec le trophée tant convoité.

Ça a été préparé avec beaucoup de sérieux vous nous l’avait dit. Ben Ali m’avait même parlé de séance vidéo avant bordeaux, est-ce habituel à ce niveau-là ?
A.Y : C’est plus facile de montrer en image ce que l’on veut faire en partant du haut niveau. Le discours était d’essayer de reproduire les images, même si nous n‘avons pas le même niveau, en face non plus. On l’a vu à la fin où on marque sur de la précision au niveau des gestes et des courses, choses que l’on avait travaillé. La vidéo permet de visualiser ce qu’on veut voir, ce qu’on veut aller chercher
C.Q : Stratégiquement on n’a pas préparé Paris comme on a préparé Bordeaux. Bordeaux, on savait juste que ça allait être plus costaud que nous et plus fort dans les impacts. On a donc cherché à rivaliser dans le combat. Pour Paris on a dû s’adapter aux autres comités avec les infos que l’on a eu. On s’est adapté en touche, en coupant les temps de jeu, en évitant certaines zones etc. On en est contents.

La récompense de ce tournoi est d’accompagner le XV de France sur le tournoi des VI Nations à l’extérieur l’année prochaine. Je suppose que c’est un rêve pour les joueurs mais aussi pour les coachs et manager que vous êtes non ?
B.B : C’est dans la politique de l’amicale des 6 nations. C’est une association qui a toujours œuvré pour le soutien de l’équipe de France dans le tournoi des VI Nations mais surtout œuvré pour le partage. Ce sont loin d’être des vieux à cravates. Depuis toujours, ils cherchent à partager leur passion pour le tournoi des VI nations sous différentes formes. Ça fait 10 ans maintenant que ce tournoi est organisé. Pendant 5 ans il a été sur des cadets, maintenant il est sur des juniors. Avant, ils prenaient de manière aléatoire un piochant dans chaque comité un jeune mais maintenant je trouve que c’est parfait. Non seulement les gamins vont se chercher le titre de champions de France, mais en plus ça leur ouvre le droit à cette récompense. Pour les jeunes ça va être exceptionnel, de passer une soirée avec le XV de France dans un pays étranger, dans un club house, en blazer. Ils vont recevoir un cadeau chacun de leur homologue au poste. Donc oui c’est un rêve pour les enfants qui je suis sûr vont repartir les étoiles pleins les yeux. Le sport ne sert qu’à ça, à nous offrir du rêve et des bons moments comme on les a vécu. Après les explosions de joie, la récompense est excellente pour les jeunes.
A.Y : Pour les moins jeunes c’est un petit rêve aussi de côtoyer le haut niveau et d’arriver avec une équipe que t’a amené là. On les a porté toute la saison et de finir champions à Paris et d’avoir en plus le petit cadeau qui va leur rester dans le cerveau toute leur vie et dans le notre, c’est idéal, c’est mieux qu’un bouclier.

Pour les joueurs qui sont dans des clubs amateurs, est-ce que vous pensez que ce sont des jeunes qui ont une vocation à aller vers de plus gros clubs comme Biarritz, Bayonne ou Dax par exemple ?
C.Q : Certains oui. Ce sont les meilleurs joueurs des clubs fédéraux donc oui il y en a qui peuvent jouer à meilleur niveau mais les gros clubs n’attendent pas ces sélections pour savoir qui est bon ou moins bon
A.Y : S’ils ont été détectés, ils ont été détectés avant. Pour les meilleurs ils sont en TADDEI avec la sélection CBL et les autres sont de très bons joueurs de fédérales, de ballandrade ou de philiponneau et ça leur permet d’avoir une sélection qu’ils n’auraient pas eu grâce à l’amicale.

Avec toutes les réformes qui arrivent, c’est souhaitable de continuer des sélections et des tournois comme ça qui permettent de l’échange ?
BB : La certitude c’est que l’amicale des VI Nations continuera à vivre et à organiser des tournois. Sous quelle forme et sous quel territoire ? Ça on en a aucune idée pour le moment. Il faut juste que ça continue, que les jeunes soient du bord de l’Adour ou de toute l’aquitaine, le plus important c’est la passion et l’envie de partager quelque chose. On a partagé beaucoup de passion, beaucoup de bonheur et c’est l’idéal. C’est vrai que si l’on veut se montrer un poil égoïste on veut rester au bord de l’Adour, mais si le territoire doit évoluer, il évoluera.
Avec la montée d’Hendaye le weekend dernier, vous resterez ami ou non ?
(rires, mais pas de réponses)
A.Y : J’aimerai juste rajouter une chose, c’est quand tu descends du train et que les jeunes viennent vers toi et te font la bise et t’embrassent, c’est la que tu sais que tu as gagné quelque chose. Et c’est la même chose pour eux. Ils ont passé de bons moments et c’est ce qui nous amène à faire ça.
C.Q : J’ai eu une discussion il y a quelques années quand je coachais les balandrades de Saint-Jean de Luz, on perd en quart de finale après une grosse saison. Le capitaine de l’époque Alexandre Ollivon me dit : « on ne sera jamais champion ensemble». Je lui ai dis que ce qu’on avait vécut, valait tous les boucliers et tous les titres possibles. Il faut déjà être champion de soi-même. si on peut être champion de France c’est bien mais ce qui est gravé là (il se touche le cœur), ça vaut pas mal de morceaux de bois et de planches en contre-plaqué.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here