Home A la Une ASB Neskak : Jean Michel Gonzalez revient sur le titre

ASB Neskak : Jean Michel Gonzalez revient sur le titre

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Après Fabien Cibray la semaine dernière, notre invité est aussi un champion puisque c’est le coach de l’ASB Jean Michel Gonzalez, champion de France Armelle Auclair (2ème Division). Cette victoire permettra aux filles de se mesurer au TOP8 la saison prochaine…

Le titre dans la poche après l‘échec de la saison dernière en quart de finale, je suppose que cela doit être une énorme satisfaction …
Oui, ça vient récompenser le travail qui a été fait toute la saison. Je pense que l‘échec de l‘an passé est dû à beaucoup de choses. D‘abord on avait battu Lons à domicile lors de la dernière journée (ndlr : victoire avec le bonus offensif et première place), on s‘était sans doute vu trop beau. Ensuite, on avait eu beaucoup de blessées sur des filles majeures, rien que sur ce quart de finale, on avait eu Pauline Bourdon (demi de mêlée internationale), Camille Cabalou (demi d‘ouverture internationale) et Maika Brust qui étaient sorties sur blessures. Je pense que même si on était passé sur cette rencontre, on aurait sans doute perdu en demi-finale, l‘effectif était trop amoindri. La leçon de la saison dernière a été retenue mais elle n‘a pas été rabâchée durant la saison, les filles avaient pris un coup psychologiquement du fait d‘avoir cru que ce serait facile pour nous. Cette saison, cela a vraiment été une année complète au niveau de l’entraînement, au niveau de l‘engagement des filles, on a passé la période du tournoi qui est compliquée (presque 2 mois sans match) en étant meilleur que les saisons précédentes dans l‘animation des entraînements. C‘est très difficile parce qu‘il pleut, il fait froid et il faut savoir motiver tout le groupe pour venir. Les filles ont adhéré à ce projet là et on s‘est en plus retrouvé avec deux matchs après cette coupure contre Bordeaux à domicile (ndlr : 3ème du championnat) et Villelongue pour finir la phase championnat qui nous ont bien mis sur les rails avant les phases finales.

Tu as tout connu dans ta carrière, la joie de ce titre est comparable aux autres ?
Oui, tous les titres sont beaux. Je pense que celui là est différend des autres. Celui qu‘on avait eu en 2014 avec les filles n‘étaient pas du tout prévu, on y a été et on a gagné mais on n‘était pas préparé pour ça. Comme lors du titre avec le BO en 2002, on avait gagné 17 matchs sur 22 et on se retrouve au Stade de France à faire tomber Agen qui était invaincu il me semble. Ce qui s‘est passé cette année, c‘est qu‘on a une équipe qui a beaucoup travaillé, qui a été sérieuse dans tous les domaines, appliquée, cette victoire est le fruit de tout ce boulot pendant l‘année.

La semaine précédent une finale, on se fait parfois le scénario, est ce que le scénario du 29-0 à la pause est apparu une seule fois dans ta tête ?
J’ai récupéré 3 matchs de Sassenage où j’ai vu des filles très solides sur les bases et avec un jeu à la iséroise, pas forcément très mobiles mais vraiment très costaud dans les impacts et dans la structure de leur jeu. Je crois qu’on a su jouer notre jeu tout simplement avec une conquête efficace sur la touche et la mêlée. Sur ces phases finales on a été beaucoup mieux sur les rucks que durant la saison et c’est vrai qu’à partir de là on a pu bien mettre notre jeu en place. C’est ce qu’on a fait en première mi-temps et les grenobloises n’ont pas su résister à notre vitesse de jeu et à notre vitesse de déplacement. Sans avoir la grosse tête, je pense qu’il n’y a pas eu photo en première mi-temps.

Sassenage est connu pour avoir une grosse mêlée, c’était le gros point d’interrogation de ce match, tu as eu peur de ce secteur que vous avez finalement dominé ?
Peur non car je n’aborde jamais un match avec de la peur. On s’était bien préparé, les filles étaient prêtes, on savait que ça aller être costaud comme toute finale et on sait très bien que dans une finale, si on n’a pas la conquête et si on n’est pas bon dans les rucks c’est difficile de gagner. On avait bien travaillé tout ça depuis le début des phases finales et contre Sassenage ça a payé encore une fois.

Vous avez de grosses individualités un peu comme Grenoble avec leur 8 (Gros) qui est très forte, mais la différence s’est faite peut-être sur votre collectif avec un banc qui a beaucoup apporté quand il est rentré ?
Depuis le début de la saison on tourne à 20/22 filles sur la feuille de match et quand le banc rentre cela ne dépareille pas par rapport aux filles qui sortent. Si on a une force cette année, c’est l’équipe.

On t’a posé la question après le match, mais quelques jours après, est ce que c’est une revanche pour toi ce titre ?
Non pas du tout, je me bat pas contre quelque chose mais pour quelque chose. J’ai été libéré de l’équipe de France en décembre ici même (ndlr : interview réalisée au squash de Tarnos) en jouant au squash un soir et c’est vrai que je me suis reconcentré sur l’équipe de Bayonne, sur les filles et sur le fait qu’on avait en commun le désir d’aller le plus haut possible et de gagner un titre. Je me suis donc battu pour ça et non pas contre ceux qui m’ont viré sans aucune raison.

Dernière question là dessus, même si tu n’es pas en bon termes avec le staff de l’équipe de France, est ce que tu es surpris de n’avoir vu personne lors de cette finale où il y a des internationales ?
Oui, complètement ! Surtout que nous avec Philippe (Laurent) l’an dernier on a été à Massy voir Lille-Montpellier (finale du TOP8) puis on a été à Dijon voir Romagnat-Lyon (finale Armelle Auclair). Donc oui je suis étonné de ne pas avoir vu quelqu’un de la fédération française de rugby qui prétend avoir la science infuse et qui ne vient pas sur ce match là. En plus sur cette finale, il y a eu nos joueuses bien sûr mais on a vu cette 8 à Grenoble et une centre qui méritent d’être vues sur un stage en équipe de France, je ne dis pas de faire la coupe du monde mais au moins qu’elles soient vu en stage rien que pour les récompenser de la saison qu’elles ont faite.

On sait que tu as appelé la fédération pour être sûr que vous montiez directement en TOP8, tu avais peur de devoir jouer un match de barrage en plus?
Je n’en étais pas sûr parce que je n’avais pas vu un seul texte qui dit que c’était acquis. J’ai appelé à la fédération pour avoir confirmation et on m’a dit que les 7 premières restées en TOP8 et que le champion d’Armelle Auclair disputerait le TOP8 la saison prochaine. Pour l’instant c’est cette option qui est prise même si derrière, rien n‘a été décidé pour savoir si on change le TOP8 en TOP12 ou TOP16 l’année prochaine ou dans 2 ans. On a répondu avec les clubs, les courriers vont partir maintenant.

Justement, on parle beaucoup de TOP16, est ce que ce n’est pas la meilleure solution quand on voit cette saison 4 clubs lutter en haut de tableau dans chaque poule d’Armelle Auclair mais que derrière ça a du mal ?
Si on fait un TOP16, je pense qu’il faut faire deux poules de huit avec un classement en serpent. Nous, Lons et d’autres, on mérite vraiment de disputer ce championnat. Ça fait 5 ans que je suis au club, ça fait 5 ans qu’on domine cette poule, c’est vrai qu’on a jamais réussi à monter jusqu’à cette année mais Lons et Bordeaux sont dans le même cas que nous donc il faut vraiment que l’on soit tous dans cette compétition du TOP8 pour se frotter aux autres équipes.

On voit que la mayonnaise a bien pris avec le staff; avec Jean-Matthieu Alcalde qui est arrivé cette année, votre souhait et celui du club est de continuer avec le même staff l’année prochaine ?
Oui, on veut garder le même staff et le même groupe en le renforçant un peu plus. Il y aura des arrêts comme Amandine Astor ou Odile Carré donc il faudra que l’on recrute pour que l’on puisse compenser ces départs.

Justement, il faudra de la qualité mais aussi de la quantité car il risque d’y avoir un peu pus de casse, est ce que vous êtes déjà sur le pont ou vous profitez encore de ce titre ?
Il y en a une douzaine qui ont été contactées, il y en a 4 ou 5 qui ont donné leur accord, cela va se concrétiser petit à petit.

Avec un effectif plus complet, de nouvelles joueuses, est ce que ce n’est pas le plus dur qui arrive, à savoir devoir faire des choix en mettant l’affectif de côté ?
C’est le meilleur qui arrive avec cette poule élite, je crois qu’on a vraiment le bon côté de la compétition. C’est vrai qu’en tant qu’entraîneur et manager il y aura des choix à faire, mais, ces choix, on les fera, on discutera. Les filles savent qu’il y aura un effectif plus dense, elles vont se préparer physiquement, il y aura de la concurrence et on fera jouer les meilleures. Cette année, ça a été comme ça tout au long de la saison et cela ne s’est pas trop mal passé. Les remplaçantes et les filles qui n’ont pas été dans le groupe ne sont pas toujours contentes, elles veulent toutes jouer et débuter les parties mais c‘est normal. A nous de faire les bons choix et de les expliquer.

Tu es très compétiteur, les filles aussi, ça va être quoi l’objectif l’année prochaine ?
L’objectif va être de gagner le plus de matchs possibles, on ne va pas parler de maintien ou de calcul pour le maintien. Je crois que si on a quelques filles de plus la saison prochaine, on sera compétitif. Quand je vois la finale Montpellier-Lille, cela a été une grosse finale physiquement, elles sont plus épaisse que nous mais si notre stratégie de jeu reste la même et en mettant quelques filles nouvelles, on peut donner du fil à retordre à tout le monde.

Si tu devais situer ton équipe cette saison en TOP8 ?
Je sais que ce serait compliqué pour elles, surtout dans les impacts. On devrait jouer tous les week-end comme notre demi-finale ou notre finale de cette année, avec la même intensité.

Personnellement tu te vois encore longtemps avec cette équipe ?
Oui, je pense. J’ai été contacté par des clubs garçons mais je préfère rester avec les filles, le reste ne m’intéresse pas pour le moment.

Dernière question, cela fait une semaine que vous faites la fête, les fille ça va elles sont jeunes mais est ce que le staff tient le coup ?
(il rigole) Pour l’instant je suis encore avec elles, certaines ont du mal et sautent des jours mais moi ,à 50 ans, j’arrive encore à suivre !

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