Du côté des pros : Arnaud Héguy

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L’invité de la semaine est Arnaud Héguy, talonneur avec un gros CV mais qui n’échappe pas au chômage. On revient avec lui sur sa situation et sur son futur…

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Il a joué dans les deux clubs du Pays Basque, il pourrait se retrouver dans un club landais… (crédit : Midi Olympique)

La première question que l‘on a envie de te poser, c‘est où est ce que tu en es de ta situation ?
Depuis 2 semaines je suis rentré au pays basque, au moment où mon contrat se terminait avec Grenoble. Il est maintenant temps de privilégier ma situation familiale par rapport à mon avenir et ma reconversion. Pour ce qui est du sportif, j‘ai encore envie de jouer, rien est encore acté mais je serai sur les terrains à la rentrée, vous en saurez plus dans les jours à venir, au moment de ma signature…

La saison qui vient de s‘écouler, comment l‘as tu vécu?
Sur le plan sportif, cela a été très frustrant pour moi… J‘ai fait une bonne première partie de saison, puis avec cette blessure au mois de janvier et quand on voit le dénouement à la fin du championnat avec cette montée en TOP14, c‘est frustrant de ne pas y avoir participé… J‘ai quand même eu la chance d‘y avoir participé en tant que plus ou moins entraineur, c‘est une expérience différente, mais qui je pense me servira par la suite si je suis emmené un jour à entraîner.

12 titularisations la saison dernière, est ce que tu te voyais continuer à Grenoble ?
Pourquoi pas, mais il y a eu un désaccord avec le staff et les dirigeants qui a fait que mon aventure là-bas ne pouvais pas continuer. Sur le plan physique, je me sentais de continuer, mais il y a aussi à mon âge un contexte familial qui rentre en compte, cela a beaucoup joué.

Est ce que tu t‘attendais a ce que ce soit aussi dur de trouver un club ?
Oui et non. Avec mon expérience, en étant JIFF, je pensais que ça allait être plus facile, mais j‘avais aussi des exigence en terme de situation géographique puisque je voulais me rapprocher de chez moi. A 200/300 kilomètres à la ronde il y a des clubs mais cela restreint tout de même le choix. J‘étais en contact avec des clubs locaux mais ça n‘a pas aboutit… Je suis aujourd‘hui dans une situation que je n‘aurai pas envisagé il y a quelques mois. Je suis chez moi aujourd‘hui, dans un contexte qui va me permettre de m‘épanouir, tant mieux.

Avec ton CV et le fait d‘être JIFF, tu as du mal à trouver un club, pourquoi ?
Comme je te le disais, j‘ai fait une croix sur les clubs loin du pays basque vu que je voulais absolument revenir dans la région. Pour les clubs très proches, cela n‘a pas abouti parce qu‘avec certains dirigeants on était en désaccord. C‘est le mal-être du rugby d‘aujourd‘hui mais les joueurs caractériels et je pense que j‘en fais partie, on essaye de les écarter… Dès que l‘autorité peut-être remise en question par des joueurs, cela ne plaît pas et personne ne veut ces joueurs. C‘est le cas pour un des clubs de la région. Pour d‘autre clubs, ils avaient déjà du monde sous contrat et les difficultés financières par dessus faisaient que prendre un joueur supplémentaire n‘était pas possible.

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Un meneur sur le terrain… en dehors aussi et ça ne plaît pas forcément dans les clubs… (crédit : Rugby 365)

On va donc te retrouver sur les terrains à la rentrée mais si tu n‘avais pas trouvé de club, est-ce que tu te voyais arrêter ?
C‘était ça le plus dur pour moi. Je n‘aurai pas aimé à cause de ma blessure, indirectement, ne pas trouver un club et devoir donc mettre un terme à ma carrière, à mes 13 années de carrière professionnelle du jour au lendemain. J‘ai encore le sentiment, en restant objectif, de pouvoir jouer dans un club professionnel et d‘emmener quelque chose, du coup ça aurait été difficile d‘accepter d‘arrêter. J‘ai envie et je suis heureux de relever un dernier défi !

Tu te prépares comment actuellement ?
Je me prépare très bien (il rigole). Je me renforce encore au niveau de mon épaule blessée en janvier dernier. Je m‘entraîne individuellement avec des joueurs qui ont arrêté leur carrière et qui sont aujourd‘hui préparateurs physiques. Du coup je suis bien entouré et je m‘entretiens comme il faut.

Je suppose que tu dois avoir certains amis qui eux ont repris le chemin de l’entraînement, ça t‘a fait quoi jusque-là ?
Je me dis que je vais être un peu plus frais qu‘eux au cours de la saison, ayant repris un peu plus tard, mais j‘aurai bien aimé y être. Les circonstances font que ma préparation va être retardé mais je n‘ai aucun doute sur cette dernière, je serai prêt pour le début du championnat.

Tu parlais de reconversion, l‘après-rugby, c‘est quoi pour toi ?
Cela fait un moment que je le prépare. Heureusement pour moi, je n‘ai pas 25ans dans cette situation, ça aurait été beaucoup plus compliqué à gérer… J‘ai 33ans, j‘ai anticipé les choses, j‘ai mes diplômes d‘entraîneur, c‘est quelque chose qui me plairait à cours et à long terme. J‘ai aussi fait des formations pour basculer rapidement dans la vie active et travailler s‘il le fallait dès l‘année prochaine.

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Formé à Bayonne, il était ensuite parti du côté de Biarritz avant d’atterrir à Grenoble. (crédit : Getty Images)

Il y avait quelques rumeurs qui t‘annonçaient entraineur, tu viens de nous dire que cela te plairait, tu peux nous en dire un peu plus…
C‘est quelque chose qui me plaît, avec mon vécu et cette expérience à Grenoble, j‘aimerai m‘inspirer de tout cela, des bons points et surtout de ce qui m‘a pas plu pour pouvoir un jour envisager d‘entraîner. Je sais très bien que dans ce milieu professionnel, ça reste compliqué, c‘est un poste assez précaire où il faut s‘imposer tout en trouvant humainement quelque chose qui correspond à l‘ensemble de l‘effectif. C‘est quelque chose qui me passionne et qui me tente.

Tu as joué à Bayonne, Biarritz, est ce qu‘il y a eu une tentative d‘approche de la part d‘un de ces clubs ?
… On va dire qu‘il y a eu des contacts qui n‘ont pas abouti…!

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