Du côté des pros : Jack Isaac (Biarritz Olympique)

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L’invité de la semaine est le manager du Biarritz Olympique : Jack Isaac. Arrivé cette saison après une expérience du coté d’Hong Kong, sa mission est de faire le lien entre le sportif et le président. Le but? Revivre les heures de gloire du BO, lui qui les a connu sur le terrain…

Il a pris de la hauteur cette saison mais n‘est pas avare en conseils...
Il a pris de la hauteur cette saison mais n‘est pas avare en conseils…

Déjà, on va revenir sur le match de jeudi soir, comment expliquer cette lourde défaite ( 32-9 sur le terrain de Carcassonne) ?
C’est difficile à expliquer, on a déjà essayé de se poser les bonnes questions, je pense qu’on s’est bien préparé mais on est tombé face à une grosse équipe de Carcassonne. On a subit physiquement, ils ont marqué très rapidement dans la rencontre (ndlr : 1 essai au bout d‘une minute), on en prend un second à la 8ème minute donc c‘était très difficile de rebondir derrière. On n’a pas réussi à percer un très bon rideau défensif. On va essayer de se poser des questions et trouver des réponses sur ce match pour pouvoir bien se préparer pour le bloc prochain.

David Darricarrère a dit que les garçons se sont vus trop beaux, est-ce que tu penses que c’était le cas?
Je ne sais pas si on s’est vu trop beau mais on était sur une belle série, peut-être qu’on ne se rendait pas compte du niveau de Carcassonne surtout à domicile. C’est une très belle équipe, peut-être qu’on l’a un peu sous estimé mais on a un bon groupe, les mecs gardent les pieds sur terre, on ne s’enflamme pas. On s‘est loupé, il va falloir maintenant faire le nécessaire pour que ça n’arrive plus d’ici la fin de saison.

Sans se cacher derrière ça, est-ce que le doublon avec les -20 vous fait mal, Alex Arrate absent alors qu’il est en grande forme et Alex Roumat qui aurait pu servir surtout avec la blessure de Guiry très tôt dans le match?
Oui, sans doute, mais on a du monde; C’est vrai qu‘Alex Arrate nous a manqué sur cette rencontre parce qu’il revient en forme, c’est un de nos 3/4 les plus tranchants en ce moment. Pour devant, on est assez fourni, on avait pas mal de joueurs qui postulaient pour cette place en 3ème ligne même si Alexandre Roumat est un très bon joueur. Il y a ce fait de jeu avec la blessure de Guiry mais de toute façon, on savait que les sélectionnés n’étaient pas là, il faut savoir faire avec.

Vous reculez au classement avec une 5ème place mais l’objectif ne peut être que la qualification, cela serait décevant de ne pas vous y voir malgré un début de saison raté?
Oui, forcément, c’est vraiment l’objectif qui est fixé. Je pense que l’on a largement les moyens d’obtenir ce que l’on veut. Maintenant, il reste 6 matchs pour remplir l’objectif, ce sera forcément dur jusqu’au bout, c’est pour cela que ça reste décevant de ne prendre aucun point hier, le bonus défensif aurait pu servir même si on ne se cache pas qu’on était parti pour gagner le match. Il va falloir arracher tous les points possibles d’ici la fin de la saison pour pouvoir se qualifier.

L’objectif peut aussi être une demi-finale à domicile, on voit un peu plus d’ambiance au stade depuis quelques semaines grâce aux bons résultats?
Il ne faut pas se mentir, bien sûr que j’envisage une demi-finale à domicile même si je sais que cela va être très difficile. Cela viendrait récompenser notre public, ce serait une base pour recréer une ambiance que l’on a connu il y a quelques temps. Les supporters reviennent au stade en cette fin de saison et soutiennent l’équipe, ce serait donc un joli cadeau pour eux. Ce n’est pas fini donc pourquoi pas mais ça va déjà être très dur de se qualifier donc encore plus d’aller chercher une demi-finale à domicile.

Est ce qu’il y a eu des doutes après un début de saison une nouvelle fois ratée?
Ce n’était pas forcément un doute mais un gros coup derrière la tête. On a toujours eu confiance dans cette équipe, cette jeune équipe, avec un beau mélange avec les anciens; on savait que la mayonnaise allait prendre. Le début de saison était difficile mais le discours est toujours resté positif, on a toujours cru dans cette équipe. Hier, peut-être que l’on a loupé quelque chose dans la préparation, on va essayer de ne pas refaire les mêmes erreurs, on ne les reproduira pas pour que l’équipe soit prête pour les 6 derniers matchs et les phases finales s’il y en a.

Comment définis-tu ton rôle, tu es venu pour faire le lien entre le sportif et la présidence mais est ce que tu t’occupes aussi de ce qu’il se passe sur le terrain?
Je n’interviens pas du tout sur le terrain, c’est le travail de David (Darricarrère) et Fred (Garcia). Je suis le lien entre l’équipe, l’administratif, Nicolas Brusque, j’essaye aussi d’optimiser le lien entre le sportif et le médical. J’essaye aussi de trouver des astuces pour améliorer l’esprit de notre équipe, l’identité de notre club, c’est un rôle beaucoup plus en retrait que le terrain.

Cette génération de jeunes à Biarritz, est-ce qu’elle te surprend au niveau de sa qualité?
Cela ne me surprend pas mais c’est vrai que c’est une super génération de joueurs, ils ont les capacités d’évoluer au plus haut niveau. C’est surtout un vrai plaisir de travailler avec ces mecs, ils sont très à l’écoute, ce ne sont pas des jeunes qui s’enflamment, il y a beaucoup de potentiel. J’aimerai garder la plupart encore quelques années car je pense qu’ils auront un bel avenir dans le rugby français, c’est donc à nous de travailler pour les faire rester et évoluer dans notre club.

C’était ma question suivante, Roumat qui a signé à l’UBB, Giresse et Le Bourhis qui devraient aussi partir, est-ce que cela est possible d‘être un club formateur alors que les JIFF vont s’arracher à prix d’or?
C’est vrai que c‘est la grande question en ce moment, c’est dur de lutter contre des grands clubs de TOP14 qui font de grosses propositions aux jeunes, c’est même impossible. C’est normal aussi que les joueurs convoités veuillent aller jouer au plus haut niveau, on ne peut pas leur en vouloir. Maintenant, c’est à nous, dans notre projet de moyen/long terme à faire en sorte que les jeunes croient en nos ambitions. On est en train de développer quelque chose d’intéressant mais on a besoin de ces jeunes, c’est donc à nous de trouver les arguments pour convaincre ces joueurs de rester au BO.

Tu avais quitté le BO et le rugby français depuis quelques années, est-ce que le niveau de la PROD2 te surprend?
Oui mais après je ne connaissais pas très bien la PROD2 avant de partir, je n’ai connu que le TOP14. C’est ma première expérience à ce niveau, je découvre ce championnat, je pense qu’au niveau qualité de rugby, c’est vraiment très intéressant. Le professionnalisme augmente de plus en plus donc le niveau d’exigence, même en PROD2, est de plus en plus élevé. Je pense que c’est vraiment le moment pour le Biarritz Olympique de passer la vitesse supérieure , augmenter l’exigence justement pour faire basculer notre projet au plus haut niveau.

Il a connu les belles heures du BO, ici, champion de France en 2002
Il a connu les belles heures du BO, ici, champion de France en 2002

Tu as fait parti des belles heures de ce club, qu’est-ce que cela t’as fait quand Biarritz est descendu?
C’était triste, j’étais triste, comme beaucoup de gens. C’est la loi du sport, peut-être qu’on le sentait depuis un petit moment et qu’on a pas su faire les bons choix à un moment donné. Aujourd’hui, je pense que Nicolas (Brusque, le président) a une bonne vision pour le club, il est en train de bâtir quelque-chose sur de bonnes bases, on est en train de faire ce qu’il faut pour revenir et offrir à notre public de belles choses dans l’avenir.

Justement, est-ce que tu étais surpris de la prise de pouvoir de Nicolas Brusque, toi qui le connais bien?
Non, ce n’est pas une surprise. Nicolas a travaillé au côté de Serge Blanco pendant des années à la tête des socios. Il était donc déjà impliqué dans le quotidien du club d’une certaine manière. Je pense que cela a été un peu compliqué pour lui au début, il assume le rôle pleinement. Il comprend encore mieux son rôle aujourd’hui, les règles entre les Ligues, les Fédérations, il maîtrise de mieux en mieux tous ces sujets et je pense qu’il prend de la hauteur.

Tu revenais d’une expérience à Hong-Kong, déjà pourquoi ce choix et surtout, comment se développe le rugby là-bas?
Hong-Kong, c’était vraiment exceptionnel! J’ai vraiment passé deux années formidables, j’avais besoin de sortir un peu du rugby professionnel, cela m’a aussi permis de vivre une belle expérience en famille. Il y a beaucoup d’investissements humains et financiers à Hong Kong, la fédération a compris que pour exister, il faut amener de très très très grandes compétences. Il y avait donc des interventions de très grands entraîneurs comme Eddie Jones (actuel sélectionneur de l‘Angleterre), les entraîneurs des Saracens, beaucoup d’entraîneurs de Nouvelle Zélande aussi. Pour moi, c’était très enrichissant au niveau de l’apprentissage, j’ai appris beaucoup de choses.

Tu as été capitaine de l’Australie à 7, avec l’émergence de ce sport, est ce que tu te vois prendre une nation, repartir vers cette discipline?
Je ne vais pas dire non mais, pour le moment, ce n’est pas quelque chose que j’envisage mais pourquoi pas dans le futur, on ne sait jamais.

Est ce que tu te vois encore longtemps dans le rugby?
Ça aussi, c’est très aléatoire, c’est un milieu où on ne peut pas trop prévoir. Pour l’instant, je suis bien, j’adore le rugby, c’est ma passion donc je ne me pose pas trop de questions aujourd’hui par rapport à ça.

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