Du côté des pros : Martin Prat

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Nous avons rencontré Martin Prat, aujourd’hui à Dax, le jeune arrière est passé par Bayonne, Pau et Auch. Arrivé la saison dernière sans savoir si le club resterait en ProD2, il fait parti des joueurs qui ont le plus joué.

Vous venez de reprendre les entraînements, toi tu es blessé, mais c’est quoi le programme en ce moment ?
C’est de la préparation physique, certains font beaucoup de courses, d’aérobie pour travailler le foncier mais il y a aussi du travail de renforcement musculaire. Pour les blessés comme moi, le travail est basé sur la musculation et le cardio que l’on peut travailler en salle de sport.
Pour le coup, tu vas pouvoir reprendre une préparation normale à quel moment ?
J’espère réintégrer le groupe la semaine prochaine ou dans deux semaines maximum.
Est ce que même à ce niveau, c’est une période que les joueurs redoutent, une période où on va à l’entraînement un peu à reculons ?
On la redoute oui, surtout quand on ne se prépare pas un peu avant, mais au fur et à mesure qu’on enchaîne ces entraînements, on s’y habitue.
Saison éprouvante avec un maintien dans les derniers instants, est ce que tu as eu le temps de profiter des vacances ?
On a obtenu notre maintien sur le terrain, donc on est vraiment parti en vacances sereinement en se disant que l’année prochaine on rechausserait les crampons en PROD2, contrairement à l’année dernière où on a vécu des moments très compliqués (ndlr :relégation de Lille dans les derniers instants).
Est-ce que Dax était sûr d’être maintenu au moment de ta signature ?
Non, pas du tout, c’était en balance avec Lille, mais il me fallait faire un choix, je ne voulais pas être au chômage et le côté géographique a joué aussi. Finalement Dax est maintenu en PROD2 et c’est tant mieux.
Peu de départs mais surtout peu d’arrivées, est ce que ça te fait peur ?
En quantité, on était nombreux cette année sous contrat donc, qu’il y ait des départs ce n’est pas trop grave, mais on espérait avoir deux ou trois renforts de plus pour emmener une plus-value qui nous manque à des postes clés. Numériquement je pense que cela va aller, mais avec deux ou trois renforts, on serait plus à l’aise.
Malgré l’enjeu, vous avez toujours continué d’envoyer du jeu, ça doit être plaisant d’être dans cette équipe ?
On a été dans le dur cet hiver car on a un défi cit de puissance, mais on s’est vite retrouvé sur terrain sec, on arrive à produire du jeu et en mettant de la vitesse on se procure des situations intéressantes. Donc forcément, plus on produit du jeu, plus on prend du plaisir, surtout derrière.
Il y a eu un manque de réalisme au pied, tu t’y es même collé, c’était une volonté de ta part ou bien une obligation ?
Ce n’est pas du tout une obligation, ça fait déjà quelques années que je bute, surtout de loin, forcément en butant de loin, je peux le faire de près, donc à un moment j’ai pris ma responsabilité. J’ai de la réussite, mais aussi des échecs, on a tourné au niveau des buteurs car on a pas su installé un seul joueur à cette tâche contrairement à beaucoup d’équipes de PROD2. Cette année, cet exercice n’a pas souri, heureusement on a marqué beaucoup d’essais, j’espère que l’année prochaine, cela va se rééquilibrer.
Il y a ce match contre Biarritz à domicile où rien ne passe, qu’est ce qu’il se passe dans la tête à ce moment là ?
On est bien dans le match en première mi-temps, on se créé de bonnes actions, on relance bien depuis notre camp, mais au pied rien ne rentre. Je loupe quatre coups de pied il me semble, les deux premiers sont faciles, ensuite je perd confiance mais je continue de tenter à 40 mètres, j’aurai dû laisser la main à un autre ou aller en touche mais je me suis entêté, je voulais vraiment concrétiser nos temps forts.
Dans ces cas-là, c’est toi qui décide de continuer de taper ?
C’est une discussion entre les buteurs, on se connaît, on est capable de dire qui doit taper à une certaine distance, j’avais été désigné buteur pour ce match qu’importe la distance, j’ai insisté mais j’aurai peut-être du laisser la main.
5 points contre Aurillac, 4 à Béziers, cette fi n de saison est totalement folle pour vous ?
C’est ce qui fait basculer notre fi n de saison vers la réussite. 5 points contre Aurillac, c’est beau sur le papier mais il faut dire que l’essai du bonus est casquette, ce qui n’enlève pas tout l’investissement et l’engagement que l’on a mis dans ce match, alors qu’Aurillac venait jouer la qualification. Ensuite on va à Béziers , ils nous recevaient pour nous martyriser et finalement on fait un match impressionnant avec beaucoup d’engagement, on marque de beaux essais et je pense que c’est ce qui nous fait bien finir la saison.

Est ce qu’il y a un moment où tu doutes ?
On joue le maintien, on oscille entre la dernière et l’avant dernière place toute la saison, mais bizarrement, j’ai eu l’impression qu’il n’y a jamais eu de crise dans l’équipe, le climat était toujours serein et du coup on s’entraînait dans de bonnes conditions. On a eu des matchs compliqués certes mais on était sûr de notre force et de notre potentiel, cela nous a permis de bien aborder les gros matchs.
Quand tu vois des clubs relégués financièrement en cours de saison, en fin de saison, puis maintenus, qu’est ce qu’on en pense quand on est joueur ?
C’est rageant, le championnat est un peu faussé quand on voit que d’autres équipes se maintiennent en achetant des joueurs sans en avoir le droit alors que nous à côté on fait avec nos moyens. Heureusement, on a réussi à se maintenir donc ça va mais c’est surtout compliqué pour les équipes qui descendent à la place de celles qui trichent.
Tu as commencé le rugby à l’Aviron Bayonnais, pourquoi avoir rejoint Pau en Reichel ?
Je suis parti faire mes études sur Pau. J’y ai passé mon DUT et ma licence, la première année d’IUT j’ai continué à l’Aviron mais c’est vite devenu compliqué entre les bringues d’étudiants, les entraînements à Bayonne et les cours (il rigole). Au bout de 6 mois j’avais pris un peu de poids et je me suis posé la question de savoir si je continuai comme ça ou si je reprenais le rugby sérieusement. J’ai donc pris la décision de jouer à Pau en commençant en Reichel.
Ce n’est pas fi ni mais est ce que c’est un regret de ne pas avoir pu porter le maillot ciel et blanc à Jean Dauger ?
Non, pas du tout parce que quand je suis parti j’étais en Crabos, donc très loin de m’imaginer jouer à haut niveau et je suis parti à la Section Paloise pour continuer le rugby à un bon niveau sans arrière pensée.
Est ce que tu gardes un oeil particulier sur ce club ?
Bien sûr, je suis d’Anglet, formé à l’Aviron, conditionné par les éducateurs bayonnais donc je suis forcément supporter de ce club sauf quand je joue contre eux mais maintenant qu’ils sont en TOP14 je suis à fond derrière eux.
Tu es surpris de leur saison ?
Non. En début de saison les médias nous annonçaient que l’Aviron allait mal, mais même avec un effectif remanié le club avait des joueurs de qualité et de bons entraîneurs, je n’étais pas inquiet pour eux.
Tu participes à la montée de Pau, comment tu as pris la décision de partir à Dax ?
La dernière saison à la Section a été compliquée pour moi avec l’arrivée de nouveaux entraîneurs, j’ai eu aussi quelques blessures qui ne m’ont pas permis d’enchaîner les matchs au bon moment. Jusqu’au dernier moment je ne savais pas si le club ne voulait me conserver, j’avais l’espoir de jouer en TOP14, mais le club en a décidé autrement. J’ai eu du mal à me projeter ailleurs, il ne me restait que très peu de temps pour trouver un autre club, beaucoup avaient terminé leur marché et une opportunité à Dax s’est présentée et je l’ai saisi.
Bayonne, Pau, Dax, et aussi Auch en prêt, c’est important pour toi de rester pas trop loin de chez toi ?
Oui, quand même. Si j’ai l’opportunité de rester dans le coin, je suis ravi car je suis attaché à ma région, j’y ai ma famille, ma copine donc c’est important. Je serais peut être parti à 20 ans mais, maintenant, à 26 ans, ce serait plus compliqué mais si je ne ferme pas la porte.

Est ce qu’il y a un moment précis ou tu as compris que tu serais professionnel ?
Oui, quand on m’a proposé de m’entraîner avec l’équipe première. Je me suis fixé un objectif et j’ai bossé dur car je suis un joueur commun, j’ai eu de la chance mais comme on dit, elle sourit aux audacieux.
Est ce que tu avais prévu un plan B ?
J’ai un DUT thermique et énergie et une licence pro énergie et génie climatique, j’ai voulu continuer mes études en parallèle du rugby à la Section. J’ai travaillé à Coreba à Morlaas pendant mes journées de repos où je dessinais des plans de réseaux, ce qui me permettait de garder un pied dans le monde du travail, car on sait bien que dans le sport tout peut s’arrêter d’un coup. Ensuite à Auch je me suis tourné vers le sport et j’ai passé un brevet fédéral d’entraîneur jeunes et je me suis occupé d’une sélection de jeunes du Gers et cela m’a plu.
Devenir entraîneur te plairait ?
Pour l’instant je ne pense pas que manager une équipe me conviendrait, je pense être plus fait pour du travail individuel, faire progresser un jeune physiquement, techniquement ou mentalement. Je suis plus dans l’évolution individuelle d’une personne que dans un collectif.
Est-ce que tu te rappelles de ton premier match de rugby ? De ton premier essai ?
Ce n’est pas mon premier match, mais c’est plutôt les premiers bons moments passés avec les jeunes de l’Aviron qui restent. Les premiers tournois en minimes, les phrases des éducateurs, c’est ça qui revient en mémoire.
Tu fais aussi de la danse traditionnelle basque, c ‘est important pour toi de garder ces attaches là ?
Je danse depuis l’âge de 5 ans. C’est devenu compliqué quand j’étais à Pau et à Auch, mais maintenant que je suis à Dax, je continue à Angeluarrak, c’est comme une famille pour moi.

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