Du côté des pros : Frédéric Tauzin et Christophe Milhères

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Non pas un mais deux invités cette fois-ci puisque ce sont les deux nouveaux entraineurs d’Anglet que nous recevons à savoir Frédéric Tauzin et Christophe Milhères.

Comment s’est faite votre signature ?

Frédéric Tauzin : Cela s’est fait en deux temps. Dans un premier temps, j’étais déjà intervenant au niveau de la vidéo avec les deux entraîneurs en place l’année dernière, ça s’est donc fait naturellement quand ils ont décidé de passer la main

Christophe Milhères : Moi, je sortais d’une saison difficile à Tyrosse et quand j’ai su que Fred prenait Anglet, je l’ai contacté pour savoir s’il avait besoin de quelqu’un pour l’aider.

Vous avez évolué ensemble dès le plus jeune âge, à Tyrosse, c’était donc une évidence de former ce duo un jour ?

F.T : On a un passé commun, assez lointain, mais assez dense ! On a aussi passé nos diplômes d’entraîneur ensemble, c’est un réel plaisir d’entraîner ensemble en plus à côté de chez nous.

C.M : Même chose pour moi, c’est vrai qu ‘on a passé toute notre jeunesse ensemble, on se retrouve avec des responsabilités, on a envie de prouver qu’ on peut faire du bon boulot pour le club.

Quelles sont les ambitions du club la saison prochaine ?

F.T : On n’a pas encore chiffré les ambitions, pour le moment, on a juste envie de faire progresser le club qui est déjà en constante évolution depuis quelques années. Il faut continuer sur ce chemin là.

C.M : On ne va pas se cacher non plus, on a la qualif dans un coin de la tête mais il faut déjà qu’on gagne des matchs, qu’on prenne du plaisir, retrouver le goût de la victoire car la saison dernière a été très difficile, s’éclater à l’entraînement et c’est sûr que si tout ça est réuni, on espère se qualifier et aller le plus loin possible.

Sur quelles bases de joueurs allez vous vous appuyer ?

F.T : Le plus important c’est que la totalité du groupe reste, c’est une donnée très importante, cela prouve que le groupe est sein, qu’il vit bien et que les joueurs sont bien au club. On va essayer de rajouter des joueurs par petites touches sur les postes que l’on pense déficients.

Quand vous dites que tout le monde reste, c’est valable pour Sébastien Fauqué ?

F.T : Oui, il rempile pour un an de plus, au minimum !

Christophe, tu étais en fédérale 1 cette année avec Tyrosse, est-ce que ce championnat peut perdurer sous cette forme ?

C.M : Non, pas du tout ! C’était ma pire année de ma jeune carrière d’entraîneur. C’est un championnat très compliqué, c’est la seule division dans n’importe quel sport qui mélange des amateurs, des semi-pros et des pros. On tombe contre des équipes qui s’entraînent deux fois pas jours, nos joueurs travaillaient toute la journée et arrivaient fatigués à l’entraînement. Je peux même dire que ça devient dangereux, il peut y avoir des accidents avec des gars qui se préparent toute l’année en faisant autant de muscu que les professionnels qu’on met face à un joueur qui s’entraîne deux ou trois fois m par semaine.

Vous avez tous les deux entraîné en pro, est-ce qu’il y a un objectif de repartir dans ce monde là ?

F.T : Je n’ai pas ça en tête mais je ne peux pas dire que je n’y repartirai jamais. Pour le moment, l’occasion ne s’est pas représentée, celle qui s’est présentée est de coacher Anglet et je suis très heureux de pouvoir amener mon expérience dans ce club qui a envie d’évoluer. On ne sait pas de quoi demain sera fait de toute façon !

C.M : On le sait tous les deux, c’est un boulot qui est précaire, on a envie de rester dans notre région. Je pense que pour être dans le monde professionnel, il faut être prêt à bouger, prendre ses valises et partir aux 4 coins de la France. On sait que ça dure 2, 3, au mieux 4ans quelque part et après il faut partir ailleurs. Je pense comme Fred, je ne me prend pas la tête avec ça, si un jour on a une opportunité on réfléchira mais pas pour le moment.

Puisqu’on parle de votre carrière pro, un petit mot sur vos anciens clubs Bayonne et Biarritz ?

F.T : J’ai passé un peu plus de 4 ans avec des missions différentes mais tout aussi passionnantes. D’abord avec les jeunes, ensuite avec les pros et pour finir un poste a responsabilités auprès du centre de formation. C’est une expérience parfois difficile mais très intéressante. Bayonne est reparti sur des bases beaucoup plus seines, il y a de la joie dans ce groupe et ça fait plaisir a voir

C.M : La nouvelle direction et les nouveaux coachs de Biarritz font déjà du bien, il y a eu une meilleure saison que la précédente. Depuis que David Darricarrère est arrivé, on sent qu’il y a un vent nouveau et qu’on a retrouvé la joie de jouer. Pour Nicolas Brusque, la mission est très compliquée, le club part de très loin, il y a énormément de choses à assainir mais je trouve qu’il s’en sort très bien et je lui tire un grand coup de chapeau car faire le boulot qu’il fait à notre age, c’est très beau pour le club. Je pense que malgré les soucis qui vont être réglés, le BO peut repartir vers des choses meilleures et voir l’avenir un peu plus sereinement même si il va falloir attendre longtemps pour revivre les titres de ces 10 dernières années ! Je souhaite que le club se pérennise en Prod2,ça serait déjà bien.

Est-ce que le rôle d’Anglet est d’aller chercher les joueurs de ces clubs qui n’arrivent pas à percer ?

F.T : Je ne sais pas si c’est le rôle où si on bénéficie directement de ça. Les joueurs qui ne franchissent pas le palier pour être professionnel vont trouver un peu de réconfort à Anglet, retrouver un peu de joie de vivre car ils sont certainement déçus de ne pas avoir pu faire une carrière dans le rugby. Notre rôle est de leur redonner le sourire, et en échange, ils peuvent donner toute l’expérience acquise dans ces clubs au service de celui d’Anglet

Sébastien Fauqué, Rob Linde sont des noms qui ont signé au club en fin de carrière, est-ce qu’on peut s’attendre à un coup d’Anglet pour la saison prochaine ?

C.M : J’ai essayé d’avoir Erik Lund mais je crois savoir qu’il ne veut pas !

F.T : Pour l’instant, il n’y a pas grand chose à dire à ce niveau là

C’est peut être un grand mot ou une question bateau mais quelle est votre philosophie de jeu ?

F.T : Comme beaucoup d’entraîneurs, on a envie d’avoir un rugby un peu total où les joueurs se reconnaissent, c’est le plus important. Les joueurs me posent la question et la réponse est simple, on mettra en place le jeu que vous êtes capables de faire. On ne va pas vous demander de jouer depuis les 4 coins de terrain si on est pas capable de se faire 3 passes !

Est-ce que vous vous inscrivez dans la durée ?

C.M : Oui, bien sûr, on s’entend très bien avec Fred, on aura du mal à s’engueuler, on a les mêmes idées. Pour revenir au jeu, j’entraîne devant et si c’est pour faire que des cocottes et taper des chandelles, il n’y a pas besoin de moi, on est là pour jouer. On pense le rugby pareil, le club à l’air sain, on a rencontré les joueurs et le groupe semble bien, on s’entend bien avec le président donc pourquoi pas. A nous aussi de faire du bon boulot parce qu’il faudra montrer qu’on a les capacités pour durer.

Quel est la place d’Anglet dans le rugby basque ?

F.T : C’est compliqué à dire, Anglet a pour habitude de jouer en fédérale 1, le club a réussi à y aller il y a deux ans donc pourquoi pas continuer à progresser et se caler à un niveau haut de fédérale 2 et bas de fédérale 1. On peut prétendre à ce niveau là.

Vous connaissiez déjà ce groupe ou c’est une totale découverte ?

C.M : Je connaissais déjà pas mal de joueurs car il y a pas mal d’anciens biarrots passés par les reichels et les espoirs

Est-ce que vous comprenez qu’il faille aller chercher des joueurs de l’extérieur ?

F.T : Ici, sur l’agglomération, c’est compliqué de dire qu’il n’est pas d’Anglet quand il est au village à côté. Localement il y a de quoi faire, il y a énormément de joueurs au m2, on va donc chercher des joueurs qui veulent rester sur l’agglomération et qui veulent jouer au niveau Fédérale ½. Alors oui, ils ne sont peut être pas estampillés Anglet depuis l’école de rugby mais ils sont au moins du comité ou de pas très loin.

C.M : C’est vrai que ce qui est gênant, je l’ai vécu cette année, c’est le nombre d’étrangers dans ce championnat de fédérale 1. Il y en a énormément, déjà que les français ont du mal à jouer en top14, du mal à jouer en prod2, je trouve que le rugby marche un peu sur la tête. Il faudrait peut être mettre des règles en place, pour qu’au moins, a ce niveau là, les jeunes français puissent jouer.

Il y a aussi un problème chez les jeunes qui arrêtent de plus en plus tôt ?

C.M :  Il y a aussi beaucoup plus d’activités qu’à notre époque. Si on parle de nos débuts à Tyrosse, c’est bien simple, il n’y avait pas de foot, pas de handball donc on était bien obligé de se mettre au rugby. Il y a quand même un grand nombre de licenciés et beaucoup de jeunes qui jouent au rugby.

Entrainer, c’est quelque-chose que vous aviez imaginé ?

F.T : Non, c’est arrivé assez tard pour ma part. C’est venu avec de bonnes mais aussi de mauvaises expériences, je me disais que je pouvais faire mieux. J’avais des idées et des convictions et plutôt que de faire comme beaucoup c’est à dire critiquer depuis le canapé, je me suis dit qu’il fallait que j’essaye et que je pourrai parler après.

C.M : On est tous pareil, quand on est jeune on ne pense qu’à jouer. Par contre, quand la fin de carrière arrive, on sent que la fin est proche, on n’a pas spécialement envie d’arrêter et la seule façon de rester dans le milieu est de coacher. Aujourd’hui, ce serait encore très compliqué pour moi d’arrêter le rugby, j’ai encore besoin de ce lien, c’est avant tout une passion. C’était une suite logique pour moi.   

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