Bagarre Hyères-La Seyne : Espoirs déchus

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Les réseaux sociaux ont propagé l’information comme une traînée… de poudre. Certains sites se nourrissant des images pour en faire leur Une et leur beurre à tartiner. Oui la bagarre entre les espoirs du RHCC (Hyères Carqueiranne-La Crau) et ceux de la Seyne, qui a éclatée peu avant la demi-heure de jeu, a enflammé la toile. Pas seulement pour la violence des images, mais aussi pour l’utilisation présumée d’une paire de ciseaux. Si nous en parlons à notre tour, cinq jours après les faits, c’est pour mettre en avant les propos du président du RHCC, M. Alain Brenguier, qui s’est exprimé publiquement dans Var-Matin, pointant du doigt le rôle des éducateurs, après avoir suspendu les entraînements de l’équipe jusqu’à nouvel ordre…

« C’est inadmissible. J’ai stoppé tous les entraînements des Espoirs afin d’en savoir plus et de prendre les sanctions nécessaires. Un joueur hyérois n’a pas eu un comportement correct. Son exclusion du club est automatique. Comme nous venons de le faire avec un petit dans une autre catégorie pour des coups de pied portés au visage d’un autre joueur au sol. Ceci est notre politique au club. Mais pour le gamin de dimanche, il faut savoir qu’il n’a pas un centimètre carré sans un hématome. Il s’est fait massacrer ! Quand il était à l’infirmerie, sous la tribune, il a été pris à partie par plusieurs Seynois. Ils sont allés le chercher en dehors du terrain. Son geste n’est pas excusable, mais il a eu peur. Il s’est malheureusement protégé comme il a pu avec ce qu’il avait sous la main: une paire de ciseaux à bouts ronds pour les strappings (le jeune homme âgé de 18 ans a été entendu par les services de police dans le cadre de l’enquête). Je ne cautionne pas, mais il faut reconnaître qu’il y a des choses qui ne sont plus possibles. »

La position et les propos du président varois sont marqués par autant de gêne que de dégoût. Comme pour tous les amoureux du rugby, qui regrettent que cette bagarre ternisse un peu plus l’image du rugby chez les jeunes, et plus encore. Les clichés, qui ont la dent dure, vont perdurer encore longtemps avec le fait que cette bagarre oppose deux clubs du sud est, réputés pour avoir le sang chaud et la bagarre facile. Rappelons qu’en juin 2016, de tes actes impliqués des jeunes de la Seyne, obligeant le président du moment, Thierry Murie à une intervention des plus radicales (voir l’article).

Suite des propos du président Brenguier : « Le rugby ne s’en sort pas grandi! On passe effectivement pour des voyous alors que nous sommes le club qui formons le plus de jeunes en région Paca. Ce qui s’est passé durant ce match est déplorable. Qui a raison ou qui a tort? Je n’entre pas dans ce jeu-là. Il est certain que pour se battre, il faut être deux. On n’a pas parlé rugby ce jour-là sur le terrain. On a répondu aux arguments des joueurs en face. Mes jeunes m’ont dit: on n’allait pas se faire massacrer (…). Un de nos jeunes a eu une pommette écrasée. Sur les images vidéos, on voit des joueurs adverses utiliser leurs chaussures à crampons pour frapper. Je le rappelle, il s’agit simplement d’un sport. On est là pour jouer, pour se faire plaisir. On n’est pas là pour se défouler et faire dégénérer la situation quand la situation, sportivement, vous échappe. »

Si vous avez des éducateurs qui leur montent la tête et leur inculquent l’idée d’un combat ou d’une guerre, la partie est perdue.

« Nous sommes un club formateur depuis 2006. Je tiens à ce que les éducateurs soient formés par des gens de haut niveau comme Jean Vidal. Qu’ils soient à même d’inculquer les valeurs de ce sport dit de gentleman. Ces éducateurs ont un rôle énorme auprès des jeunes. Il y a parfois des têtes brûlées qu’il faut recadrer. Si vous avez des éducateurs qui leur montent la tête et leur inculquent l’idée d’un combat ou d’une guerre, la partie est perdue. C’est à se demander si certains ne préfèrent pas faire régner la terreur sur la pelouse plutôt que de perdre à la loyale. Lorsque l’on briefe des joueurs de moins de 20 ans pour faire une guerre, on ne joue pas au rugby. À un moment donné, il y a des problèmes de management.« 

Des propos qui feront réagir, forcément, surtout ceux qui suivent : « J’ai eu des échanges avec le père d’un des Seynois blessés. Il est lui-même formateur.Il connaît bien notre club.J’ai pris des nouvelles de son fils et nous avons effectivement parlé de l’importance de l’encadrement.Je vais être honnête, je connais un des encadrants seynois puisque je lui ai demandé de quitter le club. J’avais découvert qu’il avait créé une équipe qu’il avait baptisé Les Chiens de poubelle.C’était effarant.« 

Soulignons enfin que plusieurs plaintes sont déposées, qu’une enquête est ouverte et que la Fédération Française de Rugby suit le dossier de près. Le président Brenguier s’est dit désemparé, et attend les sanctions, tout en précisant qu’il prendra lui aussi des sanctions s’il estime que ses joueurs sont en danger. Les séniors des deux clubs se rencontraient aussi dimanche dernier, et le match s’est disputé sans haine, ni violence.

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1 Commentaire

  1. LA SEYNE !!! Chaque année on en entend parler. CLUB A PROBLEME / CLUB A FERMER
    Il faut cesser de licencier certains joueurs, éducateurs et administratifs… mais pas que là bas

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